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L’agression contre les zapatistes de San Patricio continue

Caracol de Roberto Barrios

dimanche 18 septembre 2011, par EZLN

Caracol V « Que habla para todos » Roberto Barrios, Chiapas, Mexique
Conseil de bon gouvernement « Nueva Semilla que va a producir »

À la société civile nationale et internationale,
Aux adhérents de l’Autre Campagne,
À la Sexta internationale,
Aux médias alternatifs,
Aux organismes indépendants des droits de l’homme,
À la presse nationale et internationale,

Frères et sœurs,
Compagnes et compagnons,

De nouveau, nous dénonçons les actes d’agression, de menaces, de harcèlement et de spoliation dont souffrent nos compagnons bases de soutien de la communauté de San Patricio de la Commune autonome La Dignidad. Nous avons dénoncé en date du 12 septembre de cette année, qu’un groupe de cent personnes ont accaparé les abords de la communauté mentionnée, pour spolier nos compagnons et nos compagnes de leurs terres sur lesquelles ils vivent et travaillent avec leurs familles et leurs enfants depuis quinze ans. Il est clairement identifié que ce groupe est soutenu et dirigé par le mauvais gouvernement lui-même, à travers ses corps policiers.

Nous signalons les dirigeants de ce groupe qui sont : Mario Vásquez Cruz, actuellement commandant de la police municipale de Tila et chauffeur de la patrouille municipale numéro 009 ; Fermín Vásquez Cruz, ex-commandant de la police municipale ; Mario Díaz Pérez, ex-policier municipal, tous de la communauté Ostelucum ; Alfredo Cruz Martínez, ex-policier municipal de Sabanilla du quartier Poso Azul de Sabanilla ; Javier Encino Guzmán, ex-regisseur municipal de Sabanilla du quartier Guadalupe Sabanilla ; Ignacio Gómez Guzmán, ex-secrétaire de protection civile ; Santiago Díaz Cruz et Ambrosio Díaz Gomes, dirigeants de « Paz y Justicia » (groupe paramilitaire, ndt), d’Ostelucum ; Samuel Díaz Díaz, du rancho Guadalupe, municipalité de Sabanilla ; Rogelio Ramírez Vásquez, de la copropriété el Porvenir, municipalité de Tila.

Le 11 septembre, un des dirigeants des paramilitaires nommé Samuel Díaz Días est allé personnellement faire des menaces dans la communauté, disant qu’ils avaient 47 fusils et 2 armes de calibre AR15. Avec ces armes, ils harcèlent et menacent la communauté, quand les compagnons essayent d’aller dans leurs champs, ils commencent à tirer des coups de feu pour les maintenir encerclés et isolés ; ainsi, la population subit l’intimidation et la peur ; les femmes et les enfants sont terrorisés, traumatisés par les tirs constants, et le manque de nourriture et d’autres besoins de la famille devient insupportable.

Le 13 septembre à l’aube sont arrivés des renforts en provenance de l’ejido El Paraiso, d’El Calvario et du rancho Guadalupe, et le nombre d’envahisseurs a augmenté à 160 personnes approximativement.

Ce même 13 septembre, ils ont envoyé un enfant âgé de treize ans pour apporter une lettre anonyme dans la maison d’un compagnon base de soutien disant qu’ils n’allaient plus jamais partir, que les compagnons ne vont plus pouvoir toucher leurs terres et qu’ils sont prêts à sortir les griffes, quoi qu’il arrive.

Le 14 septembre, les envahisseurs cagoulés ont installé aux abords de la communauté un drapeau national et trois drapeaux rouges et leur panneau.

Ils ont maintenant construit 16 maisons avec un toit en tôle et 2 avec un toit en chaume et 32 qui ne sont pas encore terminées.
Jusqu’ici, les dégâts occasionnés sont les suivants (1 euro = 16 pesos environ, ndt) :

- ils ont détruit 12 rouleaux de barbelés d’une valeur de 7 800 pesos ;
- 18 hectares de prés brûlés, 12 960 pesos ;
- 2 porcs d’une valeur de 4 000 pesos ;
- 2 dindons d’un coût de 1 000 pesos ;
- ils ont détruit 200 arbres de bois précieux, de la réserve des compagnons, d’un coût de 50 000 pesos.

Les milpas (champs de maïs, ndt), les bananiers, les champs de manioc et de patate douce n’ont pas pu être évalués à cause du danger dans lequel vivent les compagnons.

Les trois niveaux du gouvernement, fédéral, étatique et municipal, savent bien ce qui est en train de se passer, ce que vivent nos compagnons, mais ils ne font rien pour l’empêcher ; cela fait partie de la stratégie du plan de contre-insurrection pour mettre en échec nos luttes justes.

Le gouvernement veut effacer de l’histoire le sang de nos compagnons et compagnes qui a coulé en 1994. Puis pendant les années 1995, 1996 et 1997, le sang a continué à couler à cause des mêmes militaires et paramilitaires, dirigés, soutenus et financés par les institutions du mauvais gouvernement. Ils ne sont pas rassasiés de sang avec les plus de 50 000 vies qu’a payées le peuple du Mexique à cause de leur guerre sale que Calderón Hinojosa dirige ; c’est pour cela qu’ils réactivent les groupes paramilitaires, pour faire couler plus de sang, comme ils l’ont fait à Acteal en 1997 ; ils pensent qu’ainsi ils vont nous vaincre en faisant couler beaucoup de sang, peu importe qui perd la vie, parce que pour eux, nous ne sommes rien ; ce qui les intéresse, c’est de se maintenir au pouvoir et de garder leur richesse.

Le fait que le gouvernement est en train de désarmer les délinquants est un grand mensonge, parce qu’ils continuent à organiser, préparer et financer les personnes qui se laissent encore avoir par le grand mensonge. Preuve en est, ils utilisent des enfants innocents comme messagers d’un conflit grave.

Il est bien triste de voir qu’il y a encore des frères de la même race qui se laissent manipuler par les subterfuges du pouvoir ; ils pensent que leurs ennemis sont les gens de la même classe de pauvres et exploités, pendant que les grands propriétaires terriens qui ont accaparé de grandes quantités de terres de bonne qualité rient de nous quand on se dispute ou qu’on se tue entre frères pour un bout de terre qui a été récupéré par le sang du même peuple pauvre.

Nous voulons dire clairement que nos compagnons bases de soutien vivaient et travaillaient bien sur leurs terres pour faire vivre leurs familles et leurs enfants. Les compagnons n’ont jamais provoqué ou menacé de personnes extérieures à notre organisation ; nous ne sommes pas des délinquants comme le considère le mauvais gouvernement, nous sommes des peuples en train de construire notre autonomie et en train de lutter pour un monde plus juste et digne pour tous et toutes.

Nous ne nous fatiguerons pas et nous ne cesserons pas de défendre ce qui est à nous,

Vivre pour la patrie ou mourir pour la liberté

Conseil de bon gouvernement, Caracol V « Que habla para todos »
Roberto Barrios, Chiapas, Mexique

Enrique Cruz Hernández
Juventino Jiménez Pérez
Leonel Guzmán Sanchez
Damian Lopez Pérez
Gerardo Gomez Lopez
Aurelia Jiménez Peñate

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