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Lettre de Cyril, prisonnier à Nantes

jeudi 13 décembre 2012, par ZAD

Cyril, tailleur de pierre de vingt-sept ans, a été arrêté sur la ZAD à Notre-Dame-des-Landes, le 26 novembre, par des gendarmes infiltrés sur une barricade. Il a été condamné deux jours plus tard, en comparution immédiate, à dix mois de prison dont cinq avec sursis.

Il envoie aux zadistes cette lettre, accompagnée d’une chanson qu’il demande de publier.

Pour lui écrire :

Centre pénitentiaire de Nantes
Quartier Maison d’arrêt
Cyril n° d’écrou 57360
rue de la Mainguais
44300 Nantes

Mes chers camarades,

Un très grand merci pour votre soutien et celui des autres camarades zadistes. Pas une journée ne se passe sans que je pense à vous tous. Merci pour ces infos non muselées que tu m’apportes, cela renforce encore plus mes convictions déjà fortes et ne me désespère pas pour notre cause qui est juste, elle. Nous ne sommes peut-être qu’une épine dans le pied de ce gouvernement mais elle est assez profonde pour qu’il ne puisse la retirer. Remplie d’un venin qui se nourrit d’amour et de solidarité, elle envenime ceux qui sont pour la destruction, la répression violente et les constructions capitalistes inutiles pour une population pacifiste mais résistante qui ne demande que de vivre en paix et en harmonie avec la mère nature. Ils ne sont pas à leur premier coup d’essai. Mais la résistance est toujours là. Nous faisons partie de la nouvelle et de l’ancienne génération qui lutte depuis tant d’années contre ces multiples projets inutiles. Ils dépassent les bornes. Ces souffrances qu’ils infligent à nous et à la mère nature sont malheureusement irréversibles et nous ne les oublierons jamais. Qui sont-ils pour penser que la valeur de l’argent est plus importante que celle de l’être humain et de son environnement ? Pour moi c’est un devoir envers les miens de crier mon opposition à tout cela. La destruction massive de notre mère la terre doit cesser car les conséquences en sont désastreuses. Que laisserons-nous à nos enfants ? Une chose est sûre, nous ne sommes pas des lâches. Nous nous battons pour des valeurs sûres, justes et ils en seront fiers. L’État ne peut en dire autant, car il n’en est pas à sa première erreur. Mes grands-parents et mon père ont subi les mêmes erreurs à une échelle différente et leur était reproché à l’époque le simple fait d’être juifs et de vouloir protéger cette terre qui est la nôtre.

Refusant de partir de leur terre pendant la guerre, ils en ont payé le prix fort. Fusillés par les collabos de l’époque devant mon père qui n’avait que cinq ans. Certaines choses ont changé mais le gouvernement lâche et hypocrite reste ferme devant les cris et les pleurs de ses enfants qu’il dit capricieux. Je pense que le caprice vient d’eux et que la Raison vient de notre passion et de notre amour pour ces nombreuses causes justes et défendables. Ils ne l’entendent pas de même et nous poussent dans l’illégalité et la rébellion. Ma peine est celle d’un être humain qui ne se soumet pas. Comme la vôtre. Faut-il pourtant subir ? Ma réponse est Non. Nous ne lâcherons rien. Car peu importe le temps, ce qui compte ce sont les messages et le résultat ainsi que les erreurs flagrantes que le peuple voit. Ne changez rien, restez comme vous êtes, libres !

Mes bottes me manquent, vous me manquez camarades et ami•e•s et je continue la lutte d’une autre manière. Grâce à vous j’ai assez de contacts à l’extérieur pour me faire entendre. Cela fait plus de dix ans que je me bats pour différentes causes. Je suis originaire de cette région et je le resterai malgré mon interdiction de séjourner dans le 44 pendant deux ans. Sauf Avessac où j’ai acheté un petit corps de ferme que je rénove pour tous ceux qui aiment la nature et la liberté. Je suis tailleur de pierre et cela me plaît. Ma lutte se fait aussi dans la musique depuis douze années et passera ces messages grâce à l’aide extérieure, étant à l’heure actuelle prisonnier. Je suis sur le projet d’un nouveau CD destiné à notre cause. Car il me semble nécessaire de faire passer ces messages.

Je vous fais donc part du premier jet de la première chanson que je vous offre en espérant votre participation future d’une vérité qu’on nous demande de cacher.

J’aimerais si possible que cette lettre ainsi que cette chanson soient mises sur Indymedia. Merci.

Je compte sur vous et vous remercie tous pour le soutien que vous m’apportez et surtout pour cette cause juste. La terre de nos parents est la future terre de nos enfants, ne l’oublions pas.

V.D.R. et S.

Je vous embrasse,
Cyril
n° écrou 57360
prison de Nantes

Cette chanson se fredonne comme un chant de pirate.

ZAD pacifiste mais résistante

refrain

Nous ne sommes pas des criminels, nous sommes des enfants
Nous nous battons pour la terre et non pour l’argent
Que laisserons-nous derrière pour tous ces enfants ?
Sûrement pas une terre meurtrie depuis trop longtemps.

Nous ne pouvons plus nous taire car l’erreur est flagrante
L’État reflète notre misère et en est conscient.
Pousse l’humain à bout de nerf à cause des dirigeants.
Dans une atmosphère austère et si méprisante.

Nous nous battons pour cette terre que nous aimons tant.
Pour combattre cette misère nous restons devant.
L’égalité sur cette terre n’est pas si flagrante.
Regarder autour mes frères l’ampleur est dégradante.

Pour nos sœurs et pour nos frères même pour nos enfants.
Le reflet d’une misère créée par tous ces gens.
De finance et de guerre nous n’nous laisserons pas faire.
En avant tous ensemble.

refrain

Que laisserons-nous derrière si ce n’est le temps de réparer
cette terre qui nous offre tant.
Nous ne sommes pas des criminels nous sommes des enfants
tous issus de la même terre celle de nos parents.

N’ayons plus peur de nous taire devant toute cette violence.
Envers nous envers la mère qui nous rend vivants.
Des cultures si différentes et enrichissantes.
Pour combattre la misère qui est juste devant.

Allons marchons mes frères unis tous ensemble.
Montrons-leur ni peur ni souffrance car nous nous sommes fiers.
De combattre vaillamment mais pas pour la guerre.
Pour un futur rayonnant résistons mes frères.

Que laisserons-nous à nos enfants sûrement pas la misère.
Que le ministère comprenne que l’on ne peut se taire
devant toute cette violence gratuite et volontaire
nous ne pouvons nous taire.

Merci pour tout et continuez à vivre.

Source : Indymedia Nantes.

Appel de la ZAD contre l’aéroport et ses prisons

Parce que dans ce bocage, dans ces champs de gadoue, autour de ces barricades, lors de ces tambouilles gargantuesques, dans les rues de Nantes et partout en France, nous sommes toutes et tous ensemble contre leurs machines et leur monde du saccage... Rassemblons-nous devant les murs de la prison pour faire entendre notre solidarité et notre détermination à rester ensemble.

Ce projet d’aéroport, ils veulent le faire passer par la force. Ils occupent, ils essayent de contrôler et de bloquer la zone, ils fouillent, ils foutent la pression, ils tentent de manipuler, de diviser ; nous les évitons, nous les perturbons, nous continuons à vivre, à construire et à résister encore et encore.

Certain·e·s d’entre nous ont été condamné·e·s à des interdictions du territoire, de la ZAD ou du département pour un ou deux ans, à de la prison avec sursis, et dernièrement à des peines de prison ferme de deux et cinq mois. Lors des procès, les procureurs de la République justifient les peines prononcées comme « n’étant pas des peines contre le mouvement de contestation du projet d’aéroport, mais contre des actes délictuels ». Nous voulons affirmer que, dans cette résistance contre les expulsions, nous ne nous habituerons pas à leur présence, à leur répression, et nous continuerons à lutter pour qu’ils dégagent.

Ils tentent de nous intimider, nous leur répondons que ça ne fonctionne pas !
Ils tentent de nous isoler physiquement, ça ne se passera pas comme ça !

Rassemblement bruyant devant la prison de Nantes-Carquefou samedi 29 décembre
rendez-vous à 16 heures sur le parking du centre commercial de La Beaujoire (du côté du McDonald’s)

Pour s’y rendre depuis le périphérique de Nantes, prendre la sortie n° 41, le centre commercial est situé entre la route de Paris et le boulevard de La Beaujoire.

Information complémentaire : pour en parler, une discussion-bouffe auberge espagnole est organisée le vendredi 28 décembre à midi à la Chat teigne.

Source : zad.nadir.org.

Lundi 26 novembre,
l’interminable bataille des Sabots
par le groupe G.R.O.I.X.

Édith Piaf
Dans les prisons de Nantes

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