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Appel pour la manifestation de réoccupation
le 17 novembre à Notre-Dame-des-Landes

dimanche 11 novembre 2012, par ZAD

Rendez-vous quotidiens
- Notre-Dame-des-Landes, à de 10 à 17 heures :
permanence sur la place de la Poste
(local des syndicats, angle opposé à la mairie)
pour déplacement sur la zone.
- Nantes, à partir de 10 heures :
vigie citoyenne au Pont-Morand.
- Nantes, à 19 heures, un soir sur deux (sauf dimanche) :
rassemblement devant la préfecture.

Appel vidéo pour la manifestation du 17 novembre

La lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des dernières années. Entre autres initiatives, un mouvement d’occupation s’est étendu sur les bâtis et bocages menacés. Il y un an, face aux menaces croissantes sur les différentes maisons, cabanes et potagers, des habitant.e.s de la ZAD et collectifs solidaires appelaient à une manifestation de réoccupation en cas d’expulsion.

Quand César patauge...

Depuis le mardi 16 octobre, l’offensive redoutée a commencé. Les mille huit cents hectares de la ZAD ont été envahis par mille deux cents policiers. Ceux-ci se sont attaqués petit à petit aux maisons et cabanes occupées qu’ils ont détruites et emportées minutieusement pièce par pièce hors de la zone, pour ne rien laisser qui puisse servir aux occupant.e.s. Les occupant.e.s et toutes celles et ceux qui les ont rejoint.e.s sur place ont résisté, barricadé, réoccupé. Ensemble, nous avons tout fait pour enrayer les machines de destruction et bloquer les mouvements policiers... Nous sommes toujours là !

Notre détermination a été renforcée par une grande vague de solidarité aux quatre coins de l’Hexagone et au-delà : manifestations quotidiennes à Nantes et dans diverses villes, ravitaillement et soutien matériel, actions sur les représentations du PS, de Vinci et consorts, constructeurs de l’aéroport et broyeurs de nos vies.

Si la plupart des maisons en dur ont déjà été expulsées, ainsi que quelques cabanes, de nombreux autres habitant.e.s demeurent, dispersé.e.s dans les bois, les champs, dans les arbres. De nouvelles constructions sont déjà lancées. Outre les occupant.e.s, des habitant.e.s « légaux » et paysan.ne.s sont toujours menacé.e.s de devoir dégager de la ZAD dans les mois à venir. Autant dire que cette tentative d’expulsion XXL est partie pour durer. Les gros malins de la préfecture ont officiellement intitulé leur opération militaire « César ». À nous de leur prouver que la résistance face à l’aéroport est effectivement « irréductible » et qu’eux seront finalement défaits et ridicules.

On ne lâche rien et on est toujours là !

Au-delà de l’appel à rejoindre la zone et à poursuivre les actions solidaires dans les semaines à venir, nous confirmons aujourd’hui qu’une grande manifestation de réoccupation aura bien lieu le samedi 17 novembre 2012, au départ d’un des villages proches de la ZAD.

Après ce premier round d’expulsions, nous aspirons à un moment de mobilisation large, constructive et offensive, partagé par les différentes composantes de la lutte : occupant.e.s, agriculteur.rice.s, habitant.e.s du coin et d’ailleurs, associations et groupes solidaires... L’objectif sera de reconstruire ensemble un lieu ouvert d’organisation sur les terres menacées. Nous voulons faire de ce lieu un carrefour pour les opposant.e.s, un point de départ pour de nouveaux habitats, une antenne pour organiser la résistance aux travaux à venir, autant ceux de l’aéroport que du barreau routier, première étape du projet censée débuter en janvier. Ils peuvent bien militariser la zone, ils ne nous empêcheront pas de nous y réinstaller.

Ayrault, Vinci et consorts — le message est clair —, dégagez des terres !

Infos supplémentaires et pratiques

Cet appel à réoccupation a été lancé par le réseau Reclaim the fields et des occupant.e.s de la ZAD qui avaient occupé des terres en friche avec plus d’un millier de personnes en mai 2012 pour y implanter la ferme maraîchère Le Sabot. Nous invitons aujourd’hui tous les groupes qui le souhaitent à relayer cette initiative et à rejoindre l’organisation du 17 novembre.

Au-delà d’une manifestation, il s’agit avant tout d’une action collective qui gagnera en puissance avec une présence longue et active du plus grand nombre. Prévoyez d’être là pendant le week-end et plus si possible pour amorcer l’occupation, continuer les constructions, les défendre, et en faire émerger des idées pour la suite.

Amenez des outils et matériaux divers et variés, des bleus de travail, du son, des créations loufoques, des radios portatives, des tartes à partager et une détermination sans faille.

Il sera possible d’arriver dès la veille. Un espace de campement sera annoncé dans les jours précédant la manifestation.

Vu l’énergie nécessaire à la résistance aux expulsions d’ici là et l’épuisement conséquent pour les occupant.e.s, la réussite de cette manifestation dépend de manière cruciale de l’implication des collectifs et individu.e.s solidaires partout ailleurs. Nous appelons à ce que s’organisent des réunions publiques, relais d’information et covoiturages dans chaque bourg en vue du 17 novembre.

Des affiches et tracts photocopiables sont disponibles sur le site ou en format papier sur Nantes (B17) ou sur la ZAD (La Vache rit).

Tout soutien financier est le bienvenu :
par chèque à l’ordre de “Vivre sans aéroport”,
La Primaudière 44130 NDDL ;
par virement : 20041 01011 1162852D 32 36.

Comme la situation change chaque jour, guettez régulièrement les infos sur le site zad.nadir.org

En vue du 17 novembre, on cherche des poutres, matériaux de construction et d’escalade, cuisines collectives, chapiteaux, musiciens, batucadas, cabanes en kit, outils, tracteurs...

Pour tout échange, coups de main,
relais, propositions : reclaimthezad

Notre-Dame des oiseaux de fer
Hamon Martin Quintet

Du lundi 19 novembre au vendredi 23,
nous vous invitons à réoccuper la forêt !

Depuis deux ans, des personnes occupent la forêt de Rohanne, située au centre de la ZAD. C’est avant tout un bois humide, où poussent essentiellement pins, châtaigniers et chênes. Certains de ces arbres ont aujourd’hui plus de cent ans. Dans ces bois, les soirs de grande humidité, il faut marcher prudemment, afin de ne pas piétiner les salamandres de feu qui y vivent en nombre. Chaque nuit nous nous endormons en écoutant chanter les chouettes. C’est une petite forêt, certes, mais elle est pleine de vie. Plantes et animaux s’y épanouissent, tout comme nous. Cependant elle est aujourd’hui gravement menacée par le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Jeudi 18 octobre, gendarmes et bulldozers sont venus détruire notre belle cabane collective, construite sur trois étages. Les gendarmes sont ensuite revenus le mardi 30 octobre, ainsi que dans la matinée du mercredi 31, pour détruire les sept cabanes construites dans les arbres et deux nouvelles plates-formes collectives construites depuis leur dernière visite en ces lieux. Il y avait au moins une cinquantaine de gendarmes protégeant deux nacelles élévatrices utilisées par une équipe de « grimpeurs ». Celles-ci leur permettaient d’atteindre les cabanes afin de nous expulser, ce qui fut fait de manière extrêmement violente. Les deux premiers arbres vidés de leurs occupantes furent coupés sur-le-champ. Pour éviter cela, les occupantes des autres cabanes ont grimpé plus haut dans les arbres. Incapables de les faire descendre, les forces de l’ordre se sont donc limitées à la destruction des cabanes, à l’aide de leurs machines. Cette méthode a certes permis de sauver ces arbres, mais fit prendre de grands risques aux personnes qui avaient décidé de se nicher dans les branches les plus hautes. En effet, ces arbres ont été secoués par les machines, laissant entendre une série de craquements, et nous étions peu rassurées par le fait que les travailleurs ne semblaient pas se préoccuper de la dangerosité de leurs actes.

Ne voulant pas leur laisser la moindre victoire, nous avons, vite fait, bricolé une nouvelle cabane à même le sol pour pouvoir dormir dans la forêt dès le lendemain. Le lundi 5 novembre, la forêt fut encerclée par une vingtaine de fourgons. Deux cents gendarmes en sortirent, flash-ball et bouclier en main, et entrèrent à pied pour expulser les six personnes qui dormaient là. Ils ont ensuite détruit la cabane, découpé les matelas et cassé les vélos.

La destruction de nos cabanes n’a fait que renforcer notre détermination à rester et à reconstruire les défenses de la forêt, toujours plus hautes et toujours plus solides. La forêt de Rohanne tout entière est censée être coupée cet hiver et nous n’avons plus de temps à perdre. Il faut reconstruire et nous organiser pour éviter cela.

La semaine suivant la grande manif’ de réoccupation du 17 novembre, du lundi 19 novembre au vendredi 23, nous vous invitons à venir, avec vos connaissances et/ou outils, pour participer à la reconstruction et à la réoccupation de la forêt. Nous nous sentons bien entourées et pleines d’énergie mais il est important d’être le plus nombreuses possible !

Nous nous proposons d’aider les personnes débutantes à apprendre à grimper et à construire dans les arbres pour défendre cet endroit toutes ensemble. Il est important de savoir que la semaine s’annonce froide, humide et boueuse, il faut donc venir équipé ! Il y a de la place pour dormir sur la ZAD, mais nous vous recommandons d’être le plus autonome possible (vêtements contre le froid et la pluie, tente et duvet, etc.). Tous les matériaux sont bienvenus (matériel de grimpe, cordes en polypropylène, planches, poutres, clous, outils…). Surtout, nous avons besoin de votre énergie et de vos idées pour renforcer la défense de la forêt. Ils n’ont cassé que des cabanes, nous sommes toujours là et nous ne partirons pas !

zad.nadir.org

La manifestation à Rennes
samedi 10 novembre

Communiqué de presse
13 novembre 2012

Nous apprenons aujourd’hui par la presse qu’un vigile aurait été agressé dans la nuit du 12 au 13 novembre par un groupe d’une vingtaine de personnes, devant le lieu-dit La Pointe. Parce que ce lieu était récemment encore occupé et qu’il a été muré depuis le début de la vague d’expulsions le mardi 16 octobre, la préfecture s’est empressée de dénoncer une action des opposants. Elle en a profité pour ressortir son sempiternel discours de dissociation entre opposants historiques et nouveaux venus présumés violents.

Nous voulons rappeler que sur le terrain cette dissociation n’existe pas et que c’est toutes et tous ensemble que nous luttons contre ce projet d’aéroport. Nous voulons également rappeler que jusqu’ici toutes les actions de solidarité effectuées en lien avec la lutte de la ZAD ont été revendiquées. Ça n’a pas été le cas pour l’action de cette nuit. Pour nous il est donc impossible de nous prononcer en l’état.

L’hypothèse d’une manipulation est pour nous envisageable, cette action tombant parfaitement pour détourner l’attention de ce qui reste l’essentiel : la préparation de la manifestation de réoccupation du 17 novembre et, d’une manière générale, l’amplification de la lutte contre le projet d’aéroport.

zad.nadir.org

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