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Six questions à Raoul Vaneigem

« Un changement radical est à notre portée »

vendredi 27 janvier 2012, par Javier Urdanibia, Raoul Vaneigem

Ces six questions à Raoul Vaneigem ont été rédigées en 2007 par Javier Urdanibia, traducteur du Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations.

Les réponses, traduites en castillan, ont été publiées à Madrid dans le numéro 12 de la revue La Felguera.

Leur première publication en français a été faite, à la suite du texte L’État n’est plus rien, soyons tout, par les éditions Rue des Cascades, à Paris, en 2010.

RAPPROCHEMENT. Au début de l’année 1961, tu envoies un texte – « Fragments pour une poétique », qui inclut quelques poèmes – à Henri Lefebvre, qui le fait parvenir à Guy Debord. Cette même année tu es déjà devenu un membre visible de l’IS. Peux-tu être un peu plus explicite sur les raisons de ton rapprochement avec l’IS ?

Les destinées n’ont rien d’aléatoire. Du fond d’une ville de province où la révolte paraît vouée à l’impuissance parce que les voix insolites qui tentent de s’y élever y sont aussitôt étouffées, comment n’aurais-je pas été ébloui par Paris ? C’était une ville où, disait-on, il suffisait d’éternuer pour que le monde entier s’enrhume. Pourtant, si je n’avais pataugé dans l’ennui quotidien et la dissipation qui l’exorcise, si je n’avais vécu l’écœurement de jours inlassablement répétés et la rage de les foutre en l’air, me serais-je pris de passion pour la Critique de la vie quotidienne au point d’écrire à son auteur, Henri Lefebvre, par qui j’allais rencontrer Guy Debord et m’ouvrir à un futur, auquel j’aspirais dans le désespoir d’y atteindre jamais ?

J’avais composé à l’époque un essai de poésie globale mêlant musiques, éructations phonétiques, bribes de films et dénonciations cinglantes, avec la louable intention de colérer les masses. J’y tentais d’illustrer une version subversive de la « poésie faite par tous non par un » que n’eût pas désavouée, du moins dans ses intentions, Lautréamont. Je suis resté fidèle à l’idée, empruntée à Hölderlin, d’une poésie retrouvant son sens étymologique de « poïein », faire, et sa substance fondamentale de carmen, le chant et le charme dont Orphée usa au péril de sa vie. Une des qualités majeures du mouvement situationniste aura été d’aborder par le biais de l’existence individuelle l’aspiration d’abolir un monde invivable en créant une société fondée sur le désir irrépressible de vivre. Là résidaient aussi le dépassement du groupe, voué à se scléroser, et le renvoi des individus à la création de leur propre destinée.

DÉCEPTION. D’aucuns en sont venus à postuler une opposition entre « Debord comme personnage hégélien » et « l’ultraromantique Vaneigem » et son « romantisme révolutionnaire » (« bien reçu par les plus jeunes »). Y a-t-il là quelque chose de vrai ? Avais-tu conscience de l’existence de deux « styles » différents théoriquement et « vitalement » ? Après la rupture ou la séparation, comment as-tu vécu intellectuellement et pratiquement la reconstitution de ta propre cohérence individuelle, et au même temps empathique et solidaire ?

Ma relation amicale avec Guy Debord s’était bâtie sur une hâte commune d’en finir avec l’univers, finissant, d’une impossible vie. Avant de tourner à la fièvre obsidionale, l’idée du groupe en péril fut le garant de notre solidarité. Nous avions le sentiment d’être mandatés par l’histoire – celle que nous faisions – pour exécuter contre la civilisation marchande la sentence de mort qu’elle avait promulguée à son encontre. Cependant, la véritable séparation, celle qui nous éloignerait, était en chacun de nous. Nous incarnions le négatif et cette négativité nous rongeait. Notre amitié était fondée sur l’exubérance hédoniste et une rigueur critique, paradoxale en ce que sa clarté jetée sur le vieux monde occultait ce qui demeurait archaïque dans nos comportements. La convergence entre La Société du spectacle et le Traité de savoir-vivre corrobora le fait que se rejoignaient par deux voies différentes l’analyse objective de Debord et la mienne, axée davantage sur la subjectivité. Il était dans la logique spectaculaire du situationnisme et de ses démarcheurs de bricoler un debordisme et un vaneigemisme sur le modèle des oppositions idéologiques pratiquées dans les arènes intellectuelles où l’affrontement prête de l’intérêt à la nullité de pensée. On est loin de la véritable question, qui est de savoir par quel manque de clairvoyance nous avons privilégié la cohérence de l’esprit en négligeant l’incohérence que le travail de l’esprit introduisait précisément dans une existence que nous nous contentions d’abandonner au culte des plaisirs au lieu d’en faire la matière première d’une conscience capable de fonder le bonheur de tous sur le bonheur de chacun.

CRITIQUE DE LA RELIGION. Un des aspects les plus notables de ta production concerne l’étude des hérésies chrétiennes, considérées comme des mouvements de résistance aux dogmes et à la discipline morale et politique de l’Église (cathares, frères du Libre-Esprit, etc.). Il y a un « air de famille » entre les hérésies et le mouvement révolutionnaire moderne : insurrection et utopie. Ton petit livre Les Hérésies (1994) finit par le paragraphe suivant qu’on peut qualifier d’optimiste : « La Révolution française et le capitalisme moderne donneront un coup mortel aux religions européennes en ôtant à l’Église le pouvoir temporel et pénal. […] Catholicisme et protestantisme se réduiront peu à peu à l’état d’idéologies. Ils n’échapperont pas, dans les dernières années du XXe siècle, à la fin des totalitarismes et des formes de pensée monolithiques. »

En revanche, Chomsky disait l’année dernière : « Typiquement, il existe entre les croyances religieuses extrémistes et l’industrialisation une relation inverse : plus la modernisation est importante, moins elle tolère l’extrémisme religieux. Cependant, aux États-Unis cette corrélation est totalement brisée. On peut alors parler d’une nécessité sous-développée. » C’est pourquoi ta position à ce sujet est particulièrement polémique : « Le prétendu retour des religions ne fait que traduire une de ces régressions où le passé se manifeste par une résurgence factice et passagère. Il n’y a d’archaïsmes rameutés que spectaculaires et parodiques. En arasant nos modes de croyances et de pensées traditionnelles au bénéfice du calcul à court terme, le mercantilisme planétaire a fait des religions et des idéologies politiques de simples éléments conjoncturels sur l’échiquier de ses besoins. Il les restaure et s’en débarrasse selon que le marché juge leur appoint nécessaire ou superflu. » Le revival des variantes du religieux n’intervient pas seulement aux États-Unis ; la présence lourde et réactionnaire des Églises s’est brutalement accrue dans la vieille, riche et éclairée Europe. Quelle est ton attitude actuelle face au fait religieux à nouveau omniprésent ? Et pour en rester au thème des religions, dans un temps où, de Salman Rushdie aux caricatures danoises de Mahomet, la question du niqab et du hijab, le sens du jihad ont suscité tensions et polémiques, l’édition de ton livre L’Art de ne croire en rien suivi de Livre des trois imposteurs n’a provoqué aucun type de réactions de la part des religions monothéistes. Qu’est-ce qu’il faut pour qu’elles se produisent ?

En mettant fin à l’économie agraire, à son immobilisme et à l’État monarchique qui en était l’émanation, la Révolution française et les libertés marchandes ont porté un coup mortel à la religion. C’est en vain que la Restauration a voulu rétablir dans leurs droits la noblesse et l’Église. Les idéologies ont supplanté les croyances et les ont, en quelque sorte, dévorées. Or, que se passe-t-il aujourd’hui ? Le libre-échange, source du libéralisme et de ses libertés formelles, est devenu un monde clos, dont l’immobilisme n’est pas sans rappeler analogiquement celui de l’Ancien Régime, qu’il a brisé initialement. La liberté marchande est devenue une tyrannie. L’argent n’est plus investi dans le dynamisme capitaliste et l’initiative privée ; il se reproduit en vase clos, dans cette bulle financière condamnée à imploser. Ce monde n’a pas d’avenir ; l’imbécile frénésie de gagner de l’argent a vidé son présent de toute passion et de toute intelligence de vivre.

Comment un tel désespoir commandité ne ramènerait-il pas dans ses filets les vieilles croyances qui ne furent jamais qu’une justification offerte à la mort : les religions et la promesse d’un bonheur posthume, le nationalisme et le suicide collectif des guerres ? Le véritable terrorisme n’est que la résignation de se détruire en épousant la logique d’un monde qui se détruit au nom du profit. Ce qui a liquidé la foi religieuse c’est une foi caricaturale, creuse, vide : la foi en l’argent. Il n’y a plus de religions, il n’y a plus que des mafias pour qui le tintamarre des vieux dogmes et des idéologies périmées ne sert qu’à couvrir le bruit du tiroir-caisse.

Je ne m’inquiète pas du silence qui a accueilli mon livre De l’inhumanité de la religion, publié chez Denoël, car le tumulte des religions prétendument ressuscitées n’est que la résonance d’un tonneau vide. Le discours théologique a perdu sa substance au profit des idéologies et celles-ci se sont dévalorisées en un clientélisme œcuménique où l’envers vaut l’endroit pourvu que triomphe le pouvoir de l’argent.

La déchristianisation ne cesse de progresser. L’évangélisme américain et l’islamisme servent de couverture à des affrontements de type mafieux qui achèvent de déconcerter les croyants. Le doute s’installe parmi les musulmans, révoltés tant par la barbarie de leurs luttes intestines que par les profits qu’en tirent des groupes pour qui le fanatisme religieux n’est que l’auxiliaire de la cupidité (c’est aussi le cas des factions dites marxistes-léninistes de l’Amérique latine, des Philippines).

Une religion gagnée par l’humanisme est une religion qui se perd. Et je pense que les vraies valeurs humaines, celles de la vie avant toute chose, supplanteront tôt ou tard la grossière hypocrisie de l’humanisme.

L’AGITATION POST-TRAITÉ. Le nouvel état des choses global, l’agression contre la nature, les nouveaux besoins et les nouvelles (et vieilles) carences, la menaçante cloche nucléaire sous laquelle nous survivons, la faim, les maladies, n’exigent-ils pas une forme inédite de combat international, alors que les nombreux tics et idéologies de la gauche classique constituent de graves obstacles au déploiement du désir même d’émancipation ? Dis-nous comment tu justifies cet optimisme auquel tu ne renonces jamais qui se dégage de tes mots sur « l’effondrement des souteneurs et soutènements du passé », et cette remarque suivant laquelle « pour la première fois dans l’histoire l’émancipation complète est entre les mains des hommes ».

J’ai tenté de répondre à la question dans Pour une internationale du genre humain en soulignant que se profilait sous la masse figée et improductive d’un capitalisme financier, voué à l’autodestruction, un néocapitalisme disposé à s’assurer de nouveaux profits en exploitant les énergies renouvelables. Je ne me sens ni optimiste ni pessimiste (« Pessimistes, qu’aviez-vous donc espéré ? » écrivait Scutenaire). Je pense que ce néocapitalisme nous offre une arme absolue contre lui-même : la gratuité. Cependant c’est une arme qui nous échappera si nous n’établissons pas un système de collectivités autogérées où nous produirons nous-mêmes et pour notre usage cette gratuité que le capitalisme s’apprête à nous faire payer très cher (la proposition d’une multinationale d’assurer à des communautés paysannes indiennes la gratuité de biocarburants, à condition d’accepter des cultures de colza transgénique, est en ce sens exemplaire). Oui, je pense qu’un changement radical est à notre portée. Ce qui nous fait le plus défaut est une prise de conscience. Reconstruire notre vie et notre environnement est la seule façon de détruire le monde de la marchandise qui nous détruit. Le désespoir n’a cessé d’être un des meilleurs alliés de l’oppression. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer les ravages que le fatalisme exerce jusque dans le camp des ennemis de la tyrannie marchande. Le désespoir des masses, avec ses sursauts de révolte aveugle, est le meilleur auxiliaire des mafias nationales et internationales au pouvoir.

Pour finir, je te pose deux questions d’un énorme intérêt.

La première porte sur la philosophie. L’objectif que tu proposes est « accomplir le dépassement de la religion et de sa servante maîtresse, la philosophie ». N’est-il pas possible, en revanche, de trouver dans de nombreux épisodes de l’histoire de la philosophie les manifestations d’une pensée autonome et, en grande partie, subversive ? Cette voie est-elle dans le temps présent sans issue ?

Si subversive qu’elle fût, la philosophie n’a jamais fait que désacraliser la religion, que laïciser ses principes de péché, de culpabilité, de rachat, de sacrifice. La philosophie mise sur l’esprit au lieu de se fonder sur la vie. Le concept de théorie et de pratique ne fait que reproduire la dualité qui préside à l’exploitation de l’homme par l’homme : celle du travail manuel et du travail intellectuel.

Le propos de Marx « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde. Il s’agit maintenant de le transformer » mérite une précision : ce n’est pas par la pensée séparée de la vie que nous changerons le monde, c’est par la conscience de notre existence quotidienne, de la vie qui tente se s’y émanciper en propageant la gratuité, l’affinement des désirs, la générosité.

La seconde de ces deux questions est que tu me parles en quelques mots de tes récentes expériences en terres mexicaines, zones – parmi tant d’autres – où les problèmes semblent bien éloignés de ceux de notre contexte européen.

J’ai perçu dans les communautés paysannes indigènes, qui comptent parmi les plus pauvres du Mexique, un mouvement d’affranchissement, à la fois intense et lent, où s’esquisse une réalité que je n’ai observée nulle part ailleurs : une démocratie directe fondée sur un véritable progrès humain. Les zapatistes du Chiapas ont entrepris de résister à toutes les formes de pouvoir en s’organisant par eux-mêmes et en pratiquant l’autonomie. Ces « sans-figure » qui ont le visage de tous sont en train de rendre à l’humanité son vrai visage. En s’emparant le 1er janvier 1994 de sept villes du Chiapas, l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) n’a pas seulement suscité l’attention de cinq continents, elle a démontré que la révolution imaginée en 1983 par six guérilleros, cinq hommes et une femme, passablement délirants, réfugiés dans la Selva, avait franchi le cap de l’improbable et s’engageait dans un processus de réalisation pratique. Les terres, jadis morcelées et sources de conflits, sont désormais cultivées collectivement. Les assemblées populaires sont souveraines. Les enfants y assistent et ont le droit d’intervenir. Personne ne se propose comme candidat mais tous, à un moment ou à un autre, sont, avec leur accord, chargés d’une mission précise, dont ils s’acquittent comme ils le peuvent et dont ils rendent compte à la communauté.

Dès le début, le mouvement indigène a revendiqué conjointement sa spécificité et sa volonté d’éradiquer les archaïsmes qui, tels le machisme et l’esprit patriarcal, étaient incompatibles avec une véritable démocratie. L’importance des femmes n’a cessé de croître dans les « conseils de bon gouvernement » et ces instances de décision où le principe « commander en obéissant » a pour garant le contrôle permanent de la base.

Les sages-femmes travaillent en association avec les « promoteurs de santé » dans des microcliniques implantées partout. Chaque village a son école et ses « promoteurs d’éducation ». Les enfants jouent – il n’y a évidemment pas d’enfants soldats –, s’occupent des plus petits, sont initiés à la langue vernaculaire et au castillan, à leur culture, à l’ouverture au monde, aux sciences et à l’observation d’une nature qu’ils protègent non par vocation écologique mais parce qu’elle fait partie de leur existence. L’invitation à lire, à écrire, à compter, à étudier naît ici de la lutte d’un peuple qui de n’avoir été rien pendant des siècles a hérité du soulèvement zapatiste non la prétention d’être tout mais la résolution de vivre au lieu de survivre. Pour les Indiens et les Métis zapatistes, être eux-mêmes c’est devenir des êtres humains à part entière. Personne n’est payé, nul ne manque de l’essentiel, fourni par la communauté. Il n’y a ni diplôme, ni compétition, ni concurrence, ni réussite sociale hachurant l’horizon de ses sordides ambitions.

La rivalité appropriative s’est trouvée abolie par l’exploitation collective des terres par tous et au profit de tous. De celui qui est instruit on attend simplement qu’il instruise les autres. L’expérience insurrectionnelle et le sentiment de résistance fondent une volonté d’autonomie qui, aiguillonnée par le désir de progresser, ressent le besoin d’un savoir de plus en plus vaste. L’émulation et la curiosité y puisent une singulière détermination, car si tâtonnante et si nonchalante qu’elle paraisse parfois, elle demeure inébranlable dans son principe : miser sur son propre fond, développer l’autogestion, refuser tout rapport avec l’État central, ses instances régionales et les multinationales qui les manipulent au gré de leurs intérêts. Comme la conscience du corps qui s’en élève et y revient, tout part de la base et veille à ne s’en séparer jamais. La volonté d’émancipation est une et toujours menacée. Elle prend le risque en connaissance de cause. « Nous ne sommes pas un modèle, rappelait une femme tsotsil, nous sommes une expérience. »

À la sortie de San Cristobal, il existe une base que l’on peut qualifier d’expérimentale. Sans être zapatiste, elle s’inscrit dans sa mouvance. Elle me paraît illustrer ce qu’est capable de réaliser une société pauvre dès l’instant où la seule richesse prise en compte est la vie. Le Centre indigène de formation intégrale (Centro Indígena de Capacitación Integral ou Cideci) forme sur quelque vingt hectares un territoire autonome et insoumis, disposant du seul soutien d’une solidarité internationale offerte sans contrepartie.

Quiconque le souhaite reçoit gratuitement l’enseignement de son choix. On y trouve aussi bien un atelier de cordonnerie qu’un département de menuiserie, de métallurgie, d’ordinateurs, de tissage, de médecines officielle et traditionnelle, de musique, d’alphabétisation, d’architecture, d’agriculture biologique, de confection, de broderie, de cuisine, de maçonnerie, de dessin industriel…

Les élèves y sont reçus dès douze ans, sans autre limite d’âge, sans épreuves préliminaires, sans capacités particulières. Une seule condition est requise : avoir envie d’étudier, être épris de savoir. Un savoir qui ne sera pas monnayé mais propagé dans les communautés paysannes dont sont issus les étudiantes et étudiants ou dans lesquelles ils jugent utiles d’enseigner leur art en formant d’autres compas, ainsi que se désignent les compagnes et compagnons en lutte pour l’autonomie.

Il est bien entendu que la spécificité d’une telle expérience n’est pas exportable. La question se pose néanmoins : quelles leçons peut-on en tirer ? Et cette question, ce qui lui prête une résonance universelle, c’est, dans la crise de nos démocraties parlementaires partout rongées par la corruption, partout manipulées par les entreprises multinationales, l’urgence où nous nous trouvons d’inventer une démocratie directe fondée sur les droits de l’être humain, une démocratie qui impliquera de libérer la vie quotidienne de l’emprise économique, où elle se trouve réduite à un objet de tractation marchande.

Août 2007.

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