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Convocation aux journées de défense du territoire
et de la Terre Mère « Nous sommes toutes et tous Samir »

vendredi 7 février 2020, par CNI, EZLN

Convocation

Frères et sœurs des peuples du Mexique et du monde,

Premièrement. Aujourd’hui plus que jamais le capitalisme se renforce par la guerre et le pillage de toutes les formes de vie. Les mauvais gouvernements et les grandes entreprises capitalistes, dont les noms sont bien connus, veulent rendre invisibles nos luttes en défense du territoire et de la Terre Mère, en normalisant même l’assassinat de nos frères qui les défendent. Aujourd’hui notre cœur collectif souffre des assassinats de :

● Samir Flores Soberanes, du peuple nahua d’Amilcingo, État de Morelos.
● Julián Cortés Flores, du peuple me’phaa de la Casa de Justicia de San Luis Acatlán, État du Guerrero.
● Ignacio Pérez Girón, du peuple tsotsil du village d’Aldama, État du Chiapas.
● José Lucio Bartolo Faustino, Modesto Verales Sebastián, Bartolo Hilario Morales et Isaías Xanteco Ahuejote,
du peuple nahua organisé en Conseil indigène et populaire du Guerrero - Emiliano Zapata (Cipog-EZ).
● Juan Monroy et José Luis Rosales, du peuple nahua d’Ayotitlán, État de Jalisco.
● Feliciano Corona Cirino, du peuple nahua de Santa María Ostula, État de Michoacán.
● Josué Bernardo Marcial Campo, connu aussi comme TíoBad, du peuple popoluca de l’État de Veracruz.

Nos compagnons ont été assassinés car ils se sont opposés à la guerre par laquelle le mauvais gouvernement veut s’emparer de nos terres, de nos montagnes et de nos eaux pour consolider le pillage qui menace l’existence de l’humanité.

Nous souffrons également de la disparition forcée de notre frère Sergio Rivera Hernández, Nahua de la Sierra Negra, État de Puebla, défenseur du territoire et de la Terre Mère.

Deuxièmement. Le capitalisme, dans son étape néolibérale actuelle, prend des formes de plus en plus monstrueuses et déclare une guerre ouverte contre l’humanité et contre la terre, notre mère. Le développement économique actuel — fondé à l’échelle planétaire sur la proéminence du capital financier qui domine les peuples, les nations et les continents entiers, soutenu par la grande industrie militaire et extractiviste, qui grandit grâce à des guerres réelles ou fictives, à la profusion du crime organisé, ainsi qu’aux invasions et aux coups d’État — nous entraîne, dans son insatiable logique de l’accumulation et de la consommation capitaliste, à un changement climatique irréversible et à une limite qui met en danger les conditions de la vie humaine sur la planète.

Troisièmement. De plus le système actuel, avec son organisation patriarcale héritée de systèmes et de civilisations antérieures mais approfondie durant les derniers siècles, s’exhibe comme un violent ennemi non seulement de l’humanité, mais particulièrement des femmes et de notre Terre Mère. Cela veut dire que l’exploitation et la profonde violence structurelle envers les femmes est propre au capitalisme ; bien qu’elle soit née auparavant, la propriété privée capitaliste, base de ce système, ne peut s’expliquer ni se comprendre autrement que comme partie d’un système patriarcal de domination sur les femmes et sur la terre.

Quatrièmement. Au Mexique, l’accélération de l’activité minière, d’extraction et de conduite d’hydrocarbures, la création de la Garde nationale dans la logique de l’Initiative Mérida et la mise en place, coûte que coûte, des mégaprojets (le corridor transisthmique Salina Cruz - Coatzacoalcos, le Train maya et le Projet intégral Morelos, le nouvel aéroport de la ville de Mexico) qui prétendent réorganiser les territoires, les populations et les frontières de l’Amérique du Nord et du Centre dans une logique de pillage et d’exploitation capitaliste, rendent urgentes la défense de la vie humaine, la défense des territoires de nos peuples et la défense de la terre dans une perspective clairement anticapitaliste et antipatriarcale. C’est donc pour tout ce qui précède que :

Nous convoquons les peuples du Mexique et du monde, les organisations et les collectifs de travailleurs et travailleuses de la campagne,
de la mer et de la ville, les femmes, les étudiant·e·s, les enfants, les personnes âgées, celles et ceux qui participent de la diversité sexuelle

AUX JOURNÉES DE DÉFENSE DU TERRITOIRE ET DE LA TERRE MÈRE
« NOUS SOMMES TOUTES ET TOUS SAMIR »

Selon le calendrier suivant :

20 février 2020. Actions décentralisées au Mexique et dans le monde en défense du territoire et de la Terre Mère, pour la justice à nos mort·e·s, nos disparu·e·s, nos prisonnier·e·s et contre les mégaprojets de mort.

21 février 2020. Manifestation pour la justice à notre frère Samir Flores Soberanes, à nos mort·e·s, nos disparu·e·s, nos prisonnier·e·s et en défense du territoire et de la Terre Mère. Ville de Mexico. Départ : bureau de la Commission fédérale d’électricité sur l’avenue Reforma, à 16 heures.

22 février 2020. Assemblée en défense du territoire et de la Terre Mère, dans le centre de la communauté d’Amilcingo, municipalité de Temoac, État de Morelos, à partir de 10 heures.

Cordialement

7 janvier 2020.
Pour la reconstitution intégrale de nos peuples
Jamais plus un Mexique sans nous !

Assemblée de la résistance d’Amilcingo
Congrès national indigène, Conseil indigène de gouvernement
Armée zapatiste de libération nationale
Peuples, communautés, organisations, collectifs et individus participant au Forum en défense du territoire et de la Terre Mère
réalisé les 21 et 22 décembre 2019 au Caracol Jacinto Canek/Cideci-UniTierra, San Cristóbal de Las Casas, Chiapas

Réseaux des organisations et des collectifs en résistance et rébellion adhérents à la Sexta nationale et internationale
Tribu yaqui du pueblo de Bácum, État de Sonora
Assemblée des peuples indigènes de l’isthme de Tehuantepec
Processus d’articulation de la Sierra de Santa Marta, État de Veracruz
Peuple náyeri, État de Nayarit
Conseil des habitants en résistance Tanque y Américas, Monterrey, État du Nuevo León
Communauté de San Lorenzo Azqueltán, État de Jalisco
Comuneros de Cherán, État de Michoacán
Profectar, peuple raramurí, État de Chihuahua
Un Salto de Vida, État de Jalisco
Organisation des douze villages de Tecámac, État de Mexico
Coordination pour les peuples et les organisations de l’est de l’État de Mexico
Assemblée générale des pueblos, barrios, colonias et pedregales de Coyoacán, ville de Mexico
Communauté coca de Mezcala, État de Jalisco
Communauté indigène nahua de Zacualpan, État de Colima
Conseil des ejidos et des communautés opposés au barrage de La Parota, État du Guerrero
Front des pueblos en défense de la terre et de l’eau du Morelos, de Puebla et de Tlaxcala
Association civile Ka Kuxtal Muh Meyaj, peuple maya de la péninsule, État du Campeche
Otomis résidant à Mexico
Front national pour la libération des peuples, État du Guerrero
Défenseurs de la rivière Metlapanapa, État de Puebla
Conseil indigène et populaire du Guerrero - Emiliano Zapata (Cipog-EZ)
Conseil régional indigène du Cauca (CRIC), Colombie
Assemblée des défenseurs du territoire maya Muuch Ximbal, État du Yucatan
Communauté indigène de Santa María Ostula
Ejido Tila, État du Chiapas
Conseil régional indigène et populaire de Xpujil, État de Campeche
Comité pour la défense des peuples indigènes (Codedi), État d’Oaxaca
Centre communautaire Raxajal Mayab et Collectif autonome de José María Morelos, État du Quintana Roo
Comuneros de Cuatro Venados, État d’Oaxaca
Zodevite, État du Chiapas
Conseil Tiyat Tlali de la Sierra Norte de Puebla
Mouvement agraire indigène zapatiste (MAIZ), États de Puebla et Oaxaca
Union d’organisations de la Sierra Juárez (Unosjo), État d’Oaxaca
Assemblée du peuple chontal, État d’Oaxaca
Communauté binnizá d’Unión Hidalgo, État d’Oaxaca
Communauté d’histoire mapuche, Chili
Femmes mapuches, Chili
Femmes du peuple kurde
GeoComunes
Mexicali résiste
Union des communautés indigènes de la zone nord de l’Isthme (Ucizoni), État d’Oaxaca
Tribu mayo
Conseil autonome de la côte du Chiapas
La Vida, État de Veracruz

Traduction et texte d’origine :
Enlace Zapatista.

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