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Copala : l’autonomie écrasée

lundi 19 mars 2012, par Laura Castellanos

On croirait un village fantôme. La moitié des maisons de San Juan Copala ont été abandonnées, les écoles sont fermées, le poste de police est vide, et personne n’a retiré de la rue la voiture criblée de balles…

Le poste de police est vide. L’école primaire et la secondaire sont fermées depuis plus de deux ans. Ici, seul est ouvert l’internat rural indigène Vasco de Quiroga, dont s’occupe gratuitement un groupe de religieuses. Sur la partie arrière de l’internat demeure un taxi démantibulé, à présent sans roues. Son pare-brise avant présente onze impacts de balles, celui de l’arrière est en pièces. Sur ses portières, il y a un logo bleu avec le sigle « Ubisort » (Unité pour le bien-être social de la région triqui), l’un des trois groupes politiques qui se disputent le contrôle de la région depuis une demi-décennie. La voiture a servi de corbillard à sa victime, monsieur Roberto García, membre de la scission de l’Ubisort qui participerait à la cérémonie de présentation publique de la Commune autonome de San Juan Copala, réalisée en ce lieu le 20 janvier 2007. On lui a tendu l’embuscade la veille.

Copala a l’air d’un village fantôme. Dans cette petite communauté triqui enclavée dans la montagne mixtèque, à six heures de voiture de la ville d’Oaxaca, près de la moitié de ses deux cents demeures sont vides. Certaines maisons ont été abandonnées par leurs occupants, ils ont fui la marginalisation et la pauvreté et ont émigré pour toujours. D’autres, environ soixante, sont à des personnes qui ont subi la migration forcée due à la violence déclenchée après la création de la Commune autonome de San Juan Copala, cette dramatique année 2007. Bilan : une trentaine d’exécutions, d’embuscades, de viols.

Une religieuse octogénaire ouvre les portes de l’internat Vasco de Quiroga. C’est une petite école modeste et propre de plain-pied, avec une cour centrale. Il y a seulement deux petites filles, le reste des enfants est allé passer le week-end en famille. La bonne sœur est menue, son visage plein de bonté et sa démarche posée. Elle nous conduit, le photographe Luis Cortés et moi, vers le réfectoire situé en face, de l’autre côté de la cour. Une dizaine de tables de bois avec des bancs se trouve dans la pénombre. Pendant le siège paramilitaire qu’a vécu Copala en 2009 et 2010, les fenêtres du réfectoire ont été scellées avec des cloisons superposées en guise de boucliers de protection contre les tirs. Au passage, elles cachent aussi à la vue la voiture funeste, laissée à côté de la fenêtre.

La religieuse refuse de nous accorder une interview. Depuis le déplacement forcé, la population des élèves réguliers s’est réduite de 180 à 120. Celle des internes de 100 à 40. Elle préfère nous servir un excellent atole [1] de riz. Le coup de main monacal est indiscutable. Finalement, elle accepte de bavarder sur le harcèlement paramilitaire vécu, mais sans préciser ni noms ni groupes. Le village s’est vu couper l’électricité et l’eau potable. Les bonnes sœurs sortaient sporadiquement en quête de vivres, et devaient passer des contrôles paramilitaires. Elle raconte que six bonnes sœurs se sont occupées de 38 enfants pendant les neuf mois qu’a duré le siège. De fait, elles étaient enfermées. On entendait des fusillades « matin, midi et soir ». Quand elles s’intensifiaient, tout le monde devait se jeter au sol. Les enfants pleuraient, criaient. Elles, elles les consolaient. Elles priaient et priaient encore.

— À partir de ce moment-là, les enfants n’apprennent plus, ils ne veulent plus étudier, ils sont comme dans la lune — elle remue la marmite d’atole. Ils entendent un bruit, un pétard, et les voilà effrayés.

S’il est vrai que dans la zone triqui deux organisations étaient déjà en conflit depuis presque deux décennies, l’Ubisort, liée au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), et son opposant le Mouvement d’unification et de lutte triqui (MULT), ce sont des scissions des deux à Copala qui se sont unies en 2006 pour créer la Commune autonome. C’était la première expérience de souveraineté communautaire après celle déclarée par les communautés zapatistes en 2003, suite au refus législatif des Accords de San Andrés Larráinzar en 2001. Dans le cas zapatiste, leurs militants ont rompu toute relation avec l’État et ont créé leurs propres modes de gouvernement, de justice, et des programmes de santé et d’éducation. Le pari de Copala, en revanche, était qu’en se déclarant autonome, il romprait avec le contrôle politique de l’Ubisort et du MULT pour obtenir le droit de recevoir le budget public de façon directe.

Copala ouvrait la brèche pour d’autres expériences d’autonomie au Mexique, chacune avec ses particularités. Il s’agit de communautés indigènes qui s’organisent de façon indépendante, parfois en créant des structures d’autodéfense pour affronter des vides de pouvoir et de justice face à des violences, à la corruption, à la spoliation de terres ou la dévastation de leurs ressources naturelles. C’est le cas de Cherán (Michoacán), qui combat l’abattage clandestin par des groupes d’exploitants forestiers ; d’Ostula (Michoacán), qui lutte contre la spoliation de son territoire de la part de propriétaires terriens locaux, ou de villages isolés de La Montaña du Guerrero, qui depuis dix-sept ans ont créé leur police communautaire avec les habitants eux-mêmes pour garantir la sécurité.

Cependant, le cas de Copala est le plus complexe et traîne derrière lui un conflit régional historique de violence des caciques, des militaires et des paramilitaires contre les communautés triquis. « Nous avons 350 morts », dit Rufino Merino, leader du MULT fondé en 1981. « Sur 137 femmes commerçantes de l’Ubisort à Juxtlahuaca, 90 sont veuves », appuie Rosa Martínez, dirigeante féminine de l’organisation créée en 1994. Ces deux organisations, et la plus récente scission du MULT, appelée Mouvement d’unification et de lutte triqui indépendant (MULT-I), s’accusent entre elles des bilans de sang qu’elles ont subis.

Mais à Copala, la confrontation s’enflamme. Les trois organisations s’accusent de perpétrer des assassinats, des attaques et des migrations forcées pendant la création et la période de fonctionnement de la Commune autonome. L’Ubisort, néanmoins, présente un bilan nul. Le MULT dénonce quatorze cas d’expulsion, un viol et une demi-douzaine de morts, dont quelques-uns également revendiqués par le MULT-I. Les autonomes et le MULT-I mettent en avant le déplacement forcé de plus de six cents personnes, vingt-sept morts, deux viols, un siège de plus de neuf mois, et des embuscades tendues à deux caravanes humanitaires ; dans l’une d’elles ont été assassinés la militante Beatriz Cariño et le Finlandais Jiry Jaakkola, tandis que dans l’autre ont été tués trois militants autonomes.

Ces événements ont eu un impact international : la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a accordé à 135 personnes déplacées le bénéfice de mesures de protection, car elles ont pu prouver des attaques et des menaces à leur encontre, et elle a demandé à l’État mexicain qu’il les protège et assure leur retour parce qu’il y avait des risques pour leur intégrité physique. Plus d’une centaine sont des femmes et des enfants. Elles sont sur le point de rentrer à Copala au milieu d’un climat d’hostilité. « Nous rendons responsable le gouvernement de l’État de ce qui peut nous arriver », exprime Reyna Martínez, la porte-parole de la Commune autonome. L’exercice de l’autonomie, cela va sans dire, a été pratiquement étouffé.

La souveraineté liquidée

L’agence municipale de San Juan Copala et les trente et une autres agences municipales triquis, où vivent autour de vingt-cinq mille indigènes, forment une sorte d’îlot en pleine région montagneuse. Toutes comptaient un seul chef-lieu municipal, c’est-à-dire qu’elles se gouvernaient elles-mêmes. Mais en 1948, on les a dépouillées de cette faculté, on les a divisées et rattachées à trois chefs-lieux municipaux métis : Juxtlahuaca, Constancia del Rosario et Putla. Depuis lors, le peuple triqui exige qu’on le rétablisse comme une seule municipalité, parce qu’il considère qu’on le discrimine dans l’exercice du pouvoir et dans la distribution du budget. Copala s’est trouvé rattaché à Juxtlahuaca, à quarante minutes de distance. Il faut voyager jusque là-bas pour obtenir une connexion de téléphone ou d’internet.

Pour comprendre le conflit à Copala, il faut connaître sa situation géographique et religieuse. On arrive à Copala par la route d’État qui relie les communes de Tlaxiaco à Juxtlahuaca. Par cette route, on arrive au village de La Sabana, capitale de l’Ubisort, et on doit descendre quatre kilomètres par un chemin de terre en mauvais état pour déboucher sur une vallée dans laquelle ressort l’église récemment repeinte et l’agence municipale, entourées d’une poignée de maisons. Si on continue sur ce chemin de terre, on monte à nouveau vers la partie montagneuse, et un kilomètre plus loin se trouve le village de Rastrojo, capitale du MULT.

Il n’est pas surprenant qu’avant 2006 Copala ait été divisé : la partie nord était à l’Ubisort, et le MULT dominait la partie sud. Les attaques entre ces deux camps étaient fréquentes. Copala, en outre, est le siège du centre cérémoniel triqui, une petite chapelle en maçonnerie noire construite au bord d’un cours d’eau, lieu de pèlerinage des indigènes locaux et des migrants lors de la Semaine sainte, pour demander à Tata Chú, ou Père Jésus, une maison, un travail ou la prospérité économique. Qui gouverne Copala s’empare de la région triqui.

S’il est vrai que les agences municipales se gouvernent selon un système d’us et coutumes, à Copala des militants du MULT et de l’Ubisort se sont insurgés contre les leaders et ont dénoncé des impositions, des perceptions d’amendes si les gens n’assistaient pas à leurs réunions politiques, des punitions et des assassinats de détracteurs, et le détournement du budget public. Le MULT et l’Ubisort l’ont nié. Ce conflit a coïncidé dans le temps avec le mouvement enseignant et l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (APPO), réprimé par le gouvernement PRI d’Ulises Ruiz et qui s’est radicalisé dans la capitale de l’État en 2006. Le MULT et l’Ubisort n’ont pas soutenu ce mouvement. Le MULT-I, lui, l’a fait. Cette même année 2006 est apparu à Copala le processus de formation de la Commune autonome. En assemblée communautaire, le conseil des anciens et le groupe des marguilliers [2] ont élu leur premier président.

La porte-parole de la Commune autonome explique : « Quand Copala s’est déclaré Commune autonome, nous avons considéré que nous ne serions plus sous les ordres des leaders et du gouvernement. » Les Copaltèques qui sont restés au MULT et à l’Ubisort s’y sont refusés et la violence s’est accrue.

Neutralité copaltèque

Cet après-midi grisâtre de fin janvier 2012, environ cent cinquante Triquis attendent impatiemment l’agent municipal Julio Martínez sur le chemin de terre qui monte de Copala à La Sabana. Martínez est l’autorité officielle reconnue par le gouvernement de l’État. Il s’était absenté de Copala pour participer à la signature de l’accord de paix pour la région triqui que le gouverneur Gabino Cué a paraphé dans la capitale oaxaquègne avec 27 des 32 agents municipaux triquis, la majorité d’entre eux militants du MULT ou de l’Ubisort, tous avec leur bâton de commandement. Dans les faits, l’accord se traduira par des investissements publics pour ces agences. N’y ont pas assisté les cinq agents municipaux qui soutiennent le groupe autonome déplacé de Copala. Lors de l’événement, le gouverneur a décidé qu’à côté de lui s’assiérait Martínez, le père de Julio César Martínez que la Commune autonome accuse d’être l’un des attaquants de la caravane où ont été exécutés Cariño et Jaakkola. L’homme, un brun de petite taille, a des traits aigus et un abord détendu. Dans une conversation que nous avons eue après l’événement officiel, il a nié que son fils soit un assassin : « Mon fils n’est pas coupable, parce que dès tout petit il avait un penchant pour l’étude, et il est le numéro un de Copala en basket-ball. »

L’après-midi se rafraîchît. La foule postée dans le tournant du chemin est inquiète. Les nouvelles mettent toujours du temps à arriver à Copala à cause de l’absence de signal téléphonique dans la zone. Des hommes communiquent entre eux par radio. Le professeur apparaît, avec son assistant, descendant le versant. Il a dû marcher deux heures dans la montagne pour éviter le blocage routier que le MULT-I a réalisé en protestation parce qu’un autre barrage, policier, celui-là, a arrêté la caravane de deux cents femmes et enfants déplacés qui se dirigeaient vers Copala. Ils étaient loin derrière, le campement de dix-sept mois effectué par le groupe autonome sous les arcades du Palais du gouvernement à Oaxaca, et les vingt-trois séances de dialogue avec les autorités pour étudier les conditions de leur retour. Le 20 janvier avait été fixé pour celui-ci, mais il ne s’était rien passé. Indigné, le groupe avait empaqueté ses affaires, et dans des camions et des camionnettes parcourait le trajet vers le territoire triqui, jusqu’à ce que les policiers les empêchent de passer à Tlaxiaco.

Une femme dit à l’agent municipal : « On pensait qu’ils vous avaient séquestré. » Lentement, la foule s’allonge et descend vers l’agence municipale. De loin, on voit comme une rivière couleur rouge cerise, car la majorité sont des femmes qui portent le huipil traditionnel tissé au métier de ceinture. Cela leur prend de six mois à un an pour le tisser. Une grande partie des habitants de l’îlot triqui sont des femmes. Les hommes ont migré. Ou on les a tués. Martínez réalise une assemblée informative. Il prend le porte-voix et rapporte en triqui devant environ cent vingt femmes, dont la majorité ne domine pas l’espagnol, et une trentaine d’hommes ce qui s’est passé avec le gouverneur. Quand il a fini de parler, je m’approche de lui et le prie de demander à l’assemblée que ceux et celles qui veulent le retour du groupe déplacé lèvent la main.

Les deux tiers des femmes lèvent la main. Une ancienne se met debout. La moitié des hommes lève la main. Ensuite, je le prie de demander combien il y a de veuves pour raisons de violence entre les organisations. Quatre, cinq mains se lèvent.

Dans une assemblée similaire, quelques semaines auparavant, ont été fixées les conditions pour le retour des déplacés à Copala ; ceux-ci les ont jugées arbitraires. Martínez les a fait connaître lors de la séance avec le gouverneur : le retour se ferait à partir du 20 mars, après la fête de Tata Chú, une seule famille à la fois rejoindrait le village tous les quinze jours et devrait signer une lettre-engagement à se conformer « aux us et coutumes définis par l’assemblée du village ».

Une fois finie l’assemblée de cet après-midi grisâtre, je m’approche des femmes. Quelques-unes se plaignent du groupe exilé. « Ils m’ont volé tout ce qu’il y avait chez moi, et ils ont emmené ma voiture toute neuve », dit l’une d’entre elles. Une ancienne monolingue montre un frôlement de balle sur une de ses jambes. Une autre ancienne se touche la tête. Je demande à l’agent municipal qu’il me permette de circuler dans Copala. Lui et un groupe de femmes prennent la tête du parcours. Ils me montrent comment sur les toits des granges, les piliers de métal et la partie supérieure des hauts murs du marché, ont peut constater les perforations causées par les balles.

Il semble que les tirs étaient opérés à distance, depuis les montagnes qui bordent le village. « Qui a tiré ces coups de feu ? » leur ai-je demandé. « Comment savoir ? » répond l’une d’elles. « Eh ben, c’est eux, les autonomes », dit une autre.

Une dame demande que nous venions voir sa maison. Bien que la demeure soit en ciment, elle s’est effondrée. On a démoli les piliers et le toit s’est écroulé. Une femme explique qu’en 2006, quand l’agent municipal José Ramírez n’assumait pas encore les fonctions de premier président municipal autonome, il a donné des instructions pour mettre la maison par terre, parce que le mari de la dame était un maître d’école rural qui n’avait pas voulu rejoindre l’APPO, « alors ils l’ont détruite ».

Une autre femme, du nom de Juana, expose qu’en 2006 les autonomes lui ont volé les matériaux de construction de sa maison. Elle se dit voisine de Reyna Martínez. Son attitude est énergique, et elle parle un parfait espagnol. Elle me montre que la demeure de son adversaire n’a subi aucun dommage. « Voici sa maison, elle est bien fermée. » Puis elle nie les plaintes des déplacés de pillage et d’incendie de leurs maisons. « S’ils veulent venir, qu’ils viennent, si Reyna veut venir, qu’elle vienne, mais qu’elle vienne en paix, comme nous le sommes nous-mêmes, parce qu’on n’aimerait pas avoir à nouveau des problèmes », exprime cette femme d’un air de défi.

Le parcours se termine. Nous retournons à l’agence municipale. Je demande à Martínez si l’agence est avec le MULT ou avec l’Ubisort. « Avec personne, elle est neutre », et il fait un geste négatif des deux mains. Cependant, au cours de la brève interview réalisée la veille, il a manifesté son hostilité au MULT-I : « Ces gens déplacés étaient des gens pacifiques, mais ils se sont alignés sur le MULT-I qui est un groupe paramilitaire, ils portaient des fusils de guerre à la vue de tous, et presque tous les gens de chez nous ne portaient aucune arme. » Il a aussi nié la migration forcée de la Commune autonome : « Tout ça, c’est des mensonges, ils sont partis volontairement, et c’est avec le même courage qu’ils nous accusent d’être des paramilitaires. » Et le fait que deux déplacées ont dénoncé des viols ? « Mes gens n’ont pas cette mentalité de violer les femmes. »

Martínez est convaincu qu’il parviendra à faire fraterniser la population : « Nous allons enterrer cette rancœur, nous allons obtenir la paix à Copala. » En entrant dans la cour de l’agence municipale, nous passons à côté d’une lourde machine de travaux publics, un bulldozer moderne.

— Et cet engin, c’est quoi ?
— C’est Ulises Ruiz qui nous l’a donné.

Ulises Ruiz a terminé son mandat le 30 novembre 2010, au milieu d’une cascade d’accusations de corruption, de soutien à des groupes paramilitaires, d’assassinats et de violations des droits humains. Il est parti un mois et demi après que la Commune autonome eut dénoncé que « l’offensive finale » du siège contre elle était en cours à Copala.

La capitale de l’Ubisort

Le PRI a créé l’Ubisort en 1994, après la rébellion zapatiste, pour réduire l’influence oppositionnelle du MULT dans la zone, a écrit le chercheur Francisco López Bárcenas dans son livre San Juan Copala, domination politique et résistance populaire. Le MULT accuse l’Ubisort de 27 exécutions entre 2004 et 2008. Le MULT-I la signale comme coparticipante au siège de Copala, aux embuscades contre les caravanes et au blocage d’une autre caravane à laquelle participaient des législateurs fédéraux qui apportaient de l’aide humanitaire à Copala.

On dit que l’Ubisort est affaiblie par l’arrestation de son principal leader, Rufino Juárez, survenue le 12 mai 2011. Il est accusé de deux assassinats. La dirigeante Rosa Martínez fixe sa position : « Il n’a fait de mal à personne, mais les gens du MULT et du MULT-I l’accusent. » On dit aussi que la présence de l’Ubisort s’est réduite comme peau de chagrin parce que avec le départ d’Ulises Ruiz le PRI a quitté le pouvoir et a cessé son financement et sa couverture d’impunité.

La Sabana, comme je l’ai dit, est la capitale de l’Ubisort. Elle doit son nom aux pentes sèches, entourées de pins, qui sont les limites du village. Lors d’une entrevue avec des militants du MULT à Juxtlahuaca, ceux-ci nous ont recommandé de ne pas aller au village en voiture particulière, mais en taxi. Cela n’a pas été facile. « Il n’y a pas beaucoup de taxis qui vont à La Sabana, parce qu’il y en a eu de séquestrés », nous a-t-on averti. Finalement, un contact nous en a obtenu un pour aller à la recherche de Ramiro Domínguez, le successeur de Juárez. Tous les deux avaient rallié la Commune autonome au début, mais s’étaient ensuite mués en adversaires.

La première fois que nous sommes entrés dans le village, un après-midi ensoleillé, nous n’avons pas trouvé âme qui vive. Le contact, avec une certaine crainte, est descendu du véhicule et a frappé à la maison grise de Domínguez. Nous avons attendu dans le taxi. Personne. Nous étions déjà à la sortie du village quand le contact a vu l’épouse du susdit. « La dame m’a dit qu’il est en train de boire un coup là-haut. » Le renseignement ne nous aidait guère. Nous sommes partis.

Le lendemain, pendant la signature de l’accord de paix dans la capitale oaxaquègne, j’ai contacté Alfonso de Jesús Ramírez, le nouvel agent municipal de La Sabana. Je lui ai demandé une interview dans le village. Il a accepté, non sans méfiance.

Lors de l’événement, l’Ubisort a fait circuler un communiqué dans lequel elle disait : « … il s’est passé beaucoup de temps de violence et de haine, le moment est venu de faire repartir le développement économique, social et culturel dans la région triqui, fondé sur la prémisse de construire la paix et l’harmonie. »

La deuxième fois que nous avons visité La Sabana, nous nous sommes aventurés à y aller pour notre propre compte. À ce moment-là, la caravane des déplacés avait obtenu que le gouvernement de l’État lève le blocage policier à Tlaxiaco pour arriver à Yosoyuxi, agence municipale sympathisante de sa cause et proche de Copala. Depuis Yosoyuxi commençait une marche sur la route d’État vers les limites de La Sabana, pour descendre ensuite par le chemin de terre vers Copala et prendre possession de leurs demeures, en signe de protestation contre la date fixée pour leur retour : le 20 mars. Un nouveau blocage policier a fait échouer leurs plans. Sur le chemin de terre, il y avait un homme avec des jumelles qui observait la marche. Une autre vigie, à bord d’un taxi, montait et descendait de La Sabana à Copala. Dans la caserne de police abandonnée aux alentours de Copala, un groupe d’hommes surveillait l’horizon routier.

J’ai interviewé l’agent municipal dans une maison de La Sabana où se célébrait une noce triqui. Lui et ses hommes mangeaient un pot-au-feu de bœuf qui avait l’air piquant. L’agent est un migrant qui, par décision de l’assemblée, est revenu du nord pour assumer la charge. Ce sont les us et coutumes. Lui n’était pas là lors des événements de 2009 et 2010. Il est avare de paroles. Il a nié que l’Ubisort ait été armée : « Ici, les seules armes dont on se sert, ce sont les machettes à débroussailler. » Il a nié aussi la participation de son village au siège contre la Commune autonome : « L’information a été déformée, à vrai dire, on ne sait pas quels sont les groupes qui se sont battus. » Il ignorait la création de la Commune autonome : « Je ne suis pas au courant du tout. » J’ai essayé de me renseigner sur Domínguez. « Celui-là, qui sait où il traîne », a dit un homme à côté de lui.

La troisième fois que nous sommes allés à La Sabana, un midi, nous avons trouvé une douzaine d’hommes assis sous les arcades de l’agence municipale. Ils buvaient de la bière.

— Savez-vous où je peux trouver Dominguez ? ai-je demandé après avoir salué.
— Celui-là, vous le trouverez pas ! a répondu un moustachu d’un ton qui donnait la conversation pour close.

Les hommes se sont retournés pour nous regarder. Le silence nous a forcés à battre en retraite. Bien des jours plus tard, quand nous étions hors de la zone, j’ai constaté sur une photo de la revue Contralínea que ce moustachu sourcilleux était Ramiro Domínguez.

La capitale du MULT

L’agence municipale de Rastrojo couronne une montagne avec une vue spectaculaire sur la sierra. C’est la capitale du MULT, et il n’y a pas moyen d’en douter : l’agence municipale est peinte en vert militaire. La façade a été décorée avec l’écusson national à côté duquel on a peint deux drapeaux au fond bicolore vert olive et rouge. Sur ce fond ressortent le sigle du MULT et une étoile rouge à cinq branches, symbole de son origine combative. À Rastrojo vivent près de huit cents personnes, en majorité des femmes. Il y avait là Juana, la Triqui qui quelques jours auparavant envoyait dire aux déplacés qu’ils reviennent sans faire d’histoires.

Patricio Martín Domínguez est l’agent municipal. Il doit avoir autour de soixante ans, il porte un pantalon léger chiné, une chemise bleue et une casquette vert olive. Il s’assoit à son bureau pour l’interview. Un groupe de femmes avec des huipils rouges l’entoure. Il laisse de côté sa radio de communication pour saisir d’une main le bâton de commandement. De l’autre, il prend un petit fouet de cuir, appelé « le commandant », qui dans la tradition servait d’outil de châtiment. Il dit qu’on ne l’utilise plus à cette fin. Il ne domine pas totalement l’espagnol. La conversation se déroule avec l’aide d’Emelia Ortiz, jeune militante triqui, cousine de Virginia et Daniela Ortiz Ramírez (quatorze et vingt ans) disparues sur le trajet de Putla à Juxtlahuaca en 2007. Par son canal, l’agent exprime son respect pour le groupe autonome et dit ignorer son exercice du gouvernement. Il dit aussi que lorsque le MULT subit de la violence, il ne répond pas par de la violence, mais par des marches pour la paix.

— Vous utilisez des armes ?
— Je ne suis pas au courant — le regard de l’agent municipal devient fuyant.

La jeune fille raconte comment le MULT est né dans les années 1980 à Rastrojo parce que les habitants subissaient la répression des caciques et des militaires, le pillage et l’incendie de leurs maisons, le viol de leurs femmes, la coupe des arbres de leur territoire, l’invasion des terres communales, des arrestations arbitraires, des disparitions forcées. Selon López Bárcenas, le MULT est né dans la lutte pour la défense des droits des Triquis, et malgré la répression il s’est consolidé et a créé le Parti d’unité populaire (PUP), le seul parti indigène du Mexique. Avec les années, il s’est forgé un profil autoritaire et il a établi des relations de pouvoir avec les gouvernements successifs du PRI, pour accéder au budget public, explique-t-il. Le MULT gouverne 18 des 32 agences municipales triquis. On l’accuse de s’imposer par les amendes et les armes.

La nuit de la signature de l’accord de paix, j’ai interviewé Rufino Merino, leader du MULT. Il s’est retrouvé dirigeant principal après l’exécution d’Heriberto Pazos, leader historique de l’organisation, survenue en 2010. Merino a été député du PUP. C’est un homme au caractère résolu et au regard ferme. Il a nié les accusations du MULT-I : que le MULT soit paramilitaire, qu’il ait participé au siège contre la Commune autonome et qu’il prélève des amendes à ceux qui ne viennent pas à ses grands-messes politiques : « Il y a des preuves ? » demandait-il à chaque fois avec circonspection.

J’ai revu Merino un matin à Copala. C’était un dimanche de fin janvier où les autorités de l’État et de la Fédération devaient servir de témoins à une assemblée entre le village de Copala et une commission des déplacés pour modifier les conditions de leur retour. Entre-temps, la marche de la Commune autonome, après plusieurs jours, avait réussi à avancer jusqu’à l’entrée du chemin de terre de La Sabana à Copala en feintant les barrages policiers. Merino, impeccable, veste de daim et chapeau texan, arrivait à Copala avec un groupe d’hommes de confiance et un garde du corps de l’État qui portait un AK-47. « C’est pour des raisons de sécurité, ça fait six mois que je n’étais pas venu à Copala », m’a-t-il dit devant l’école des bonnes sœurs.

Quelques instants auparavant, j’avais pris l’atole de riz avec la religieuse. Et à la cantine scolaire, j’avais discuté avec le père d’une élève interne en visite à l’école. Lui et des centaines de Triquis étaient convoyés à Copala. La grande majorité avait été transportée en camions-bennes depuis la veille, en provenance de diverses communautés du MULT de la Sierra d’Oaxaca. « Vous êtes militant du MULT ? » ai-je demandé à l’homme. « Non, mais si je ne viens pas, ils me collent une amende de 5 000 à 10 000 pesos », m’a-t-il dit, et il a demandé l’anonymat.

L’assemblée de conciliation entre les déplacés et les habitants de Copala, convoquée à 10 heures du matin, avec la présence d’autorités de l’État et des droits humains, était dans les faits un déploiement de forces du MULT. Sous les arcades de l’agence municipale se trouvaient les Copaltèques. Dans la rue, près d’un millier de Triquis, en majorité des femmes, se formait en procession pour défiler devant les autorités en visite. Le soleil brûlait. À la tête de la multitude, deux femmes portaient un coupon de toile blanche en signe de paix. Les heures passent. La foule se lasse. Elle a faim et soif.

Finalement, l’assemblée est annulée. La nouvelle transpire de l’arrestation d’un militant de la caravane des déplacés qui a esquivé le blocage policier sur la route. Les fonctionnaires de premier plan s’en vont. Dans la rue, la foule se disperse à la recherche d’ombre. On distribue des caisses de Pepsi. Puis à nouveau s’aligne la procession. À l’intérieur de l’agence, devant des fonctionnaires de second rang, quatre ou cinq femmes, parmi elles Juana, dénoncent les abus de la Commune autonome et demandent la levée des mandats d’arrêt contre les gens accusés d’assassinat et de viol. À 3 heures de l’après-midi, la multitude commence son retrait dans les camions-bennes. Une heure après, seul le groupe d’Emelia Ortiz est toujours dans la rue, avec son drapeau blanc.

Le retour empêché

Une ligne ondulante rouge vif apparaît au loin sur la route d’État. C’est la marche du groupe déplacé qui est parti de Yosoyuxi un matin de fin janvier. Après dix-sept mois d’exil, elle se dirige vers Copala. Elle est composée d’environ cent cinquante femmes triquis, d’une trentaine d’hommes, et d’une douzaine de militants urbains parmi lesquels se trouve Ignacio del Valle, de San Salvador Atenco. « ¡Cooopaaalaaa viveee ! ¡La luuuchaaa sigueee ! » crient-ils ; « Copala vit toujours, la lutte continue ». La marche exige que son retour ne soit pas repoussé au 20 mars, mais qu’il se réalise sur l’heure, dès à présent. « Nous avons déjà attendu bien longtemps », exprime une veuve de vingt-sept ans. Soixante-dix policiers de l’État forment un bloc compact et arrêtent net la caravane. C’est la deuxième fois que cela arrive. Les gens n’affrontent pas la palissade en uniforme. Ils se dispersent un moment, et j’en profite pour bavarder avec Reyna Martínez, la femme mince et décidée qui est à la tête du groupe déplacé.

— À quel moment t’est passée par la tête la défense de la Commune autonome ?
— Ça, va savoir, rit-elle.

Contrairement à ce que disent ses adversaires, elle affirme qu’elle ne s’est pas mêlée de la création et du fonctionnement de la Commune autonome, jusqu’à ce qu’avec seize autres femmes elle rompe le siège paramilitaire de Copala et voyage à la capitale oaxaquègne pour en exiger l’arrêt, en août 2010. Elle dit qu’avant le plantón elle était comme « une petite souris enfermée ». Elle a étudié jusqu’en secondaire, elle était militante de l’Ubisort et coordinatrice du programme gouvernemental Oportunidades à Copala. Mais lors du campement de protestation elle est devenue militante, et a émergé la détermination que lui avait inculquée son père, un Triqui libéral défenseur des droits des femmes. Elle a appris aussi à apprécier et à défendre la cause de la Commune autonome.

Elle sait bien qu’elle frappe de plein fouet la structure patriarcale indigène : elle est dirigeante femme, mère célibataire, tête du groupe dissident, elle parle espagnol et lance des critiques contre les dirigeants masculins du MULT et de l’Ubisort. C’est ainsi qu’elle est devenue le centre de l’aversion de ses détracteurs. Le leader Rufino Merino m’a dit : « Que les déplacés reviennent à Copala, d’accord, mais pas Reyna, c’est une provocatrice. » Si la porte-parole du groupe déplacé ne s’est pas trouvée impliquée dans le processus municipal autonome, elle nie formellement que la Commune autonome ait pratiqué des expulsions et des assassinats. Les cas que signale le MULT ont eu lieu en 2006, lors d’une vague d’affrontements entre les trois organisations, me dit-elle.

La Commune autonome a duré presque trois ans au cours desquels se sont créées des coopératives de femmes, une police communautaire, une convention académique a été établie avec l’Université autonome métropolitaine (UAM), des travaux de construction, d’écoulement des eaux usées et d’entretien des voies et chemins ont été réalisés, et la radio communautaire « La Voix qui rompt le silence » a été créée, expose-t-elle. Les ennemis de la Commune autonome ont essayé d’assassiner le président municipal autonome en 2008. La même année, ils ont tué Felicitas Sánchez et Teresa Bautista, deux jeunes speakerines de la radio communautaire. Celles-ci sont également revendiquées dans les victimes du MULT. D’autres assassinats ont causé la fuite du gouvernant autonome en avril 2009 : « Il est parti de la communauté, il a laissé le village tout seul. »

La Commune autonome rend responsable des attaques Antonio Cruz García, alias Toño Pájaro, qui, après cinq ans d’absence, est revenu alors que se consolidait l’autonomie. On l’accuse de s’être mis à la tête d’un groupe paramilitaire avec le soutien du gouvernement PRI local et de l’État, et ensuite de s’être allié avec le MULT et l’Ubisort. On l’accuse aussi d’avoir exécuté plus de vingt autonomes et d’avoir perpétré le siège contre une population composée d’une majorité de femmes, d’enfants et de vieillards, du 1er novembre 2009 à la mi-septembre 2010.

Reyna Martínez dit que pendant l’encerclement ils ont coupé l’électricité, le service téléphonique, l’eau potable. Des hommes armés ont bloqué les chemins, ils tiraient sans cesse depuis les montagnes sur le village. « Les balles n’en finissaient jamais, ils tiraient de jour comme de nuit. » Les femmes devaient sortir au petit matin, marchant des heures sur les sentiers, pour chercher des vivres. L’une d’elles, Natalia, grand-mère de onze enfants, a été déshabillée, frappée, tondue et violée lors de ce parcours. La militante dit encore que Toño Pájaro prenait le porte-voix du village et leur disait en triqui : « Où que vous alliez, personne ne vous croira, parce que le gouvernement est à nous ! La police est à nous ! Vous êtes comme des chiens sans maître ! » Deux caravanes humanitaires ont tenté de leur apporter des vivres depuis Mexico, sans succès. La dirigeante s’est armée de courage, et avec un groupe de femmes elle est partie avant l’aube par la montagne et s’est rendue à Oaxaca pour installer le campement et exiger l’arrêt du siège. Le gouvernement n’est pas intervenu. La violence s’est intensifiée un mois encore. Pendant « l’offensive finale » de septembre, quand les gens devaient calmer leur soif avec de l’eau de pluie, les attaquants armés ont expulsé et pillé maison par maison.

Gabino Cué est arrivé au pouvoir grâce à une coalition d’opposition qui, pour la première fois dans l’histoire, a chassé le PRI du gouvernement de l’État. Sous son administration, le campement a duré encore un an, et cent dix familles déplacées ont obtenu une indemnisation de 150 000 pesos chacune, même si la chose ne s’est pas encore totalement concrétisée. « Nous avons été attentifs et généreux, et nous avons appliqué les mesures de précaution [3] » m’a dit le gouverneur au cours d’un bref entretien.

Cependant, le retour et la sécurité de cent cinquante familles déplacées sont toujours en suspens. Après avoir réalisé plusieurs réunions entre le camp copaltèque et l’autonome, avec la médiation des autorités de l’État, de la Fédération et des droits humains, la commission des déplacés dénonce le fait que dans la commission copaltèque a été intégré Julio Martínez, agent municipal de Copala, père de Julio César Martínez, attaquant de la caravane, ainsi que l’épouse et le fils de Toño Pájaro, qui demandent le retrait des mandats d’arrêt contre les accusés.

Toño Pájaro est libre, et il est le marguillier principal de Copala. L’agent municipal m’a dit : « Oui, Antonio Cruz est le marguillier principal, c’est lui qui a organisé la danse des bougies, et il va célébrer la fête du village du 1er au 10 mars. » Que finalement le retour du groupe déplacé à Copala ait lieu n’est pas l’essentiel. L’agent me met en garde : « Parfois, la réaction du peuple indigène est spontanée, personne ne peut deviner ce qui peut arriver. »

Reyna Martínez craint pour sa vie si elle rentre à Copala : « Je sais bien que je peux être tuée par des gens de Toño Pájaro, ou du MULT, ou de l’Ubisort, ou du gouvernement, tout ça, c’est la même chose. » Mais elle va poursuivre sa lutte pour que les déplacés retrouvent leurs maisons. En particulier, les anciennes du groupe : « L’important, c’est que les petites grands-mères soient tranquilles, qu’elles soient au coin du feu avec leurs tortillas toutes chaudes, elles ont déjà trop longtemps vécu dans la rue. » Elle sait que leur retour impliquera de se soumettre au système de gouvernement qu’elle a combattu. Malgré tout, elle continuera à défendre sa cause : « Je n’abandonnerai pas l’autonomie, je la porte en moi pour toujours et je la partagerai avec d’autres. »

Laura Castellanos

Source : El Universal Domingo.

Traduit par el Viejo.

P.-S.

Laura Castellanos est une journaliste tout-terrain qui a parcouru des sentiers inhospitaliers et des montagnes escarpées pendant sept jours pour réaliser ce reportage. Elle est revenue bronzée et avec des jambes qui ont rendu jalouse une éditrice qui a renoncé à la gym depuis qu’elle est entrée à El Universal Domingo.

Notes

[1Boisson chaude à base de différentes farines, d’eau et d’aromates, NdT.

[2Sous cette appellation issue du rite catholique s’abrite une vieille institution indienne : il s’agit de ceux qui sont responsables d’organiser les fêtes qui rythment la vie de la communauté ; en général, ils changent tous les ans. NdT

[3Mesures ordonnées par la CIDH, cf. supra, NdT.

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