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Invitation à une rencontre de réseaux de soutien
au Conseil indigène de gouvernement,
au pARTage 2018 “Pour la vie et la liberté”
et au quinzième anniversaire des caracoles zapatistes
“Peins des caracolitos et envoie des doigts d’honneur
aux mauvais gouvernements passés, présents et futurs”

samedi 4 août 2018, par SCI Galeano, SCI Moisés

Juillet 2018

Aux individu·e·s, groupes, collectifs et organisations des réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement,
À la Sexta nationale et internationale,

En premier et en dernier lieu, voici :

La grande finale.

Vous arrivez au Grand Stade. « Monumental », « colossal », « architecture merveilleuse », « le géant de béton », des qualificatifs de ce genre se répètent dans les voix des locuteurs qui, malgré les différentes réalités qu’ils décrivent, mettent tous en avant la superbe construction.

Pour arriver au grandiose édifice, vous avez dû contourner des décombres, des cadavres, de la saleté. Ceux qui ont le plus d’années derrière eux racontent qu’il n’en a pas toujours été ainsi ; avant, autour du grand siège sportif, s’élevaient des maisons, des quartiers, des commerces, des immeubles, des fleuves et des rivières de gens que l’on esquivait jusqu’à ce qu’on ait le nez quasi collé au gigantesque portail qui ne s’ouvrait qu’à certains moments et qui disait « Bienvenu au Jeu suprême ». Oui, « bienvenu », au masculin, comme si ce qui se passait à l’intérieur n’était qu’une affaire d’hommes ; comme auparavant les toilettes, les restaurants, le rayon machines et outils des magasins spécialisés… et, bien sûr, le football.

Mais, à vol d’oiseau, l’image vue pourrait tout autant être l’imitation d’un univers en train de se réduire, ne laissant dans sa périphérie que mort et destruction. Oui, comme si le Grand Stade était le trou noir qui absorbe la vie et ce qu’il y a autour et qui, toujours insatiable, rote et défèque des corps sans vie, du sang, de la merde.

Depuis une certaine distance, on peut apprécier l’édifice dans sa totalité. Bien que maintenant ses dispositions architecturales erronées, ses erreurs structurelles en ciment et en édifications, ses décorations changeantes au goût de l’équipe gagnante du moment apparaissent recouvertes par une machinerie qui abonde en appels à l’unité, à la foi, à l’espérance et, bien sûr, à la charité. Comme pour ratifier la ressemblance entre cultes religieux, politiques et sportifs.

Vous, vous ne savez pas grand-chose sur l’architecture mais cette insistance presque obscène dans une scénographie qui ne coïncide pas avec la réalité vous dérange. Couleurs et sons en train de proclamer la fin d’une ère et le passage au lendemain rêvé, la terre promise, le repos que même la mort ne promet plus (pensez-vous alors que vous faites le compte de vos proches, des personnes disparues, assassinées, « exportées » vers d’autres enfers, dont les noms se diluent dans des statistiques et des promesses de justice et de vérité).

Comme dans la religion, la politique et les sports, il y a des spécialistes. Et vous, vous ne savez pas grand-chose sur rien. Les encens, les psaumes et les louanges de ce monde vous donnent le tournis. Vous ne vous sentez pas capable de décrire l’édifice, car vous parcourez d’autres mondes, leurs longs et hasardeux chemins filent dans ce qui, depuis les superbes balcons du Grand Stade, pourrait se nommer « le sous-sol ». Oui, la rue, le métro, le bus, le véhicule par abonnement ou payé sur d’autres abonnements (une dette toujours repoussée et toujours croissante), le chemin en terre, les routes sans indication qui mènent au champ de maïs, à l’école, au marché, aux puces, au boulot, au turbin, au taf.

Vous vous inquiétez, oui, mais l’optimisme de l’intérieur du Grand Stade est majoritaire, écrasant, a-c-c-a-b-l-a-n-t, et déborde vers l’extérieur.

Comme dans cette chanson dont vous vous souvenez vaguement, le spectacle qui s’est déjà fini, a réuni « le noble et le vilain, le grand homme et l’asticot ». Dans ces moments, l’égalité a été reine et dame, peu importe que le coup de sifflet final ait remis tout le monde à sa place. Il a suffi d’oublier que chacun est chacun, de nouveau, « et avec la gueule de bois sur le dos / le pauvre revient à sa pauvreté, / le riche à sa richesse / et le prêtre à ses messes / le bien et le mal se sont réveillés / la trainée pauvre revient au portail, / la trainée riche revient au rosier, / et l’avare aux devises ».

Car maintenant, des bruits et des images vous l’indiquent, le match est fini. La grande finale tant espérée et crainte a pris fin et l’équipe gagnante reçoit, sans fausse modestie, les clameurs des spectateurs. « Le public respectable », disent les porte-parole et les chroniqueurs. Oui, c’est en ces termes qu’ils se réfèrent à ceux qui ont participé activement avec des cris, des chants, des hourras, des insultes et des diatribes, depuis les gradins, en tant que spectateurs ; ceux à qui uniquement pour la grande finale on permet de simuler qu’ils sont face au ballon et que leur cri est le coup de pied qui dirige la sphère « au fond des filets ».

Combien de fois avez-vous entendu ça ? Beaucoup. Vaut-il la peine de raconter chacune d’entre elles ? Les défaites réitérées, la promesse que celle qui suit sera la bonne, l’arbitre, le terrain, le climat, la lumière, l’alignement, la stratégie et la tactique, etc. Au moins l’illusion actuelle soulage cette histoire d’échecs… à laquelle plus tard on ajoutera la désillusion prévue.

En dehors de l’enceinte, une main malicieuse a écrit une phrase sur le superbe mur qui entoure le stade : « IL MANQUE LA RÉALITÉ. » Et, en désaccord avec son hérésie, la main a rajouté aux lettres des traits et des couleurs si variés et créatifs qu’ils semblent être plus que de la peinture. Ce n’est plus un graffiti mais une inscription gravée au burin, tachant le ciment ; une empreinte indélébile dans l’apathique superficie du mur. Et, comble, le dernier trait du « É » final a ouvert une brèche qui s’allonge jusqu’à la base. Sur une affiche, déchirée et décolorée, l’image d’un couple hétérosexuel heureux, deux enfants, garçon et fille, et l’entête de « La Famille heureuse », essayent en vain d’occulter l’entaille qui, peut-être par un effet d’optique, semble déchirer en même temps l’heureuse image de la famille heureuse.

À l’intérieur, bien que le match soit terminé, la foule n’abandonne pas le stade. Bien qu’elle ne tardera pas à être exclue de nouveau dans la vallée des ruines, la multitude éblouie se fait l’écho de ses propres cris et échange des anecdotes : qui a crié le plus fort, qui a fait la meilleure blague (on dit « même »), qui a raconté le mensonge qui a eu le plus de succès (le nombre de « likes » détermine le degré de vérité), qui savait depuis le début, qui n’a jamais eu de doute. Dans les tribunes, certains, certaines, certain·e·s échangent des analyses : « T’as vu que les adversaires ont changé de chemise à la mi-temps et que maintenant ceux qui fêtent la victoire sont ceux qui ont commencé la rencontre avec l’uniforme de l’équipe rivale ? » ; ou « l’arbitre (l’arbitre toujours « vendu ») a bien fait son travail cette fois-ci car la victoire de l’équipe nettoie et transcende tout. »

Certains, certaines, certain·e·s, plus sceptiques, voient déconcerté·e·s que, parmi ceux qui célèbrent le triomphe, il y a ceux qui ont joué et qui jouent dans des équipes rivales. Ils essayent, mais ils ne comprennent pas. Ou bien, ils comprennent mais ce n’est pas le moment de comprendre, mais de faire la fête. Pour que ce soit bien clair, un écran géant clignote avec un slogan visuel à la mode : « Interdit de penser ».

La nuit a remis à plus tard son arrivée, pensez-vous. Mais vous vous rendez compte que ce sont les projecteurs et les feux d’artifices qui simulent la clarté. Bien sûr, une clarté sélective, car là-bas, dans ce coin, des gradins se sont effondrés et les équipes de secours n’arrivent pas, trop occupées à faire la fête. Les gens ne se demandent pas combien il y a de morts, mais quelle équipe ces morts soutenaient. Plus loin, dans cet autre coin sombre, une femme a été agressée, violée, séquestrée, assassinée, portée disparue. Mais, bon, ce n’est qu’une femme, ou une vieille, ou une jeune ou une petite fille. Les médias, toujours dans l’air du temps qui court, ne demandent pas le nom de la victime, mais quel tee-shirt de quelle équipe elle portait.

Mais ce n’est pas le moment des amertumes, mais de la fête, de l’apéritif, de l-a-f-i-n-d-e-l-’-h-i-s-t-o-i-r-e mon cher, du début d’un nouveau championnat. Dehors, l’obscurité apparaît comme l’apothéose picturale pour la zone dévastée. Oui, pensez-vous, comme une scène de guerre.

Le boucan attire votre attention. Vous essayez de prendre de la distance pour comprendre l’impact de ce grand triomphe de votre équipe préférée… mmh… c’était votre équipe préférée ? Ce n’est plus important, le triomphateur sera l’équipe favorite de la majorité. Et, bien sûr, tous savaient que le triomphe était inévitable et dans les tribunes se succèdent les explications logiques : « Non, un autre résultat n’était pas possible ; le seul valable est celui de la coupe enivrante couronnant les couleurs de l’équipe préférée. »

Vous essayez, sans y parvenir, de vous approprier l’enthousiasme qui inonde les tribunes, les balcons et semble arriver jusqu’au point le plus haut de la construction où ce que l’on devine être une luxueuse chambre reflète sur ses vitres teintées les lumières, les cris et les images.

Vous parcourez les tribunes avec difficulté, les gens remplissent les couloirs et escaliers. Vous cherchez quelque chose ou quelqu’un qui ne vous fasse pas sentir bizarre, vous marchez comme un extraterrestre ou un voyageur du temps qui atterrit dans un calendrier ou une géographie inconnus.

Votre regard se pose sur deux personnes âgées qui regardent avec attention une espèce de tableau. Non, ce ne sont pas des échecs. Alors que vous vous approchez suffisamment, vous voyez qu’il s’agit d’un puzzle avec tout juste quelques pièces mises sans que s’esquisse encore la figure finale.

Une personne dit à une autre : « Bon, non, je n’ai pas l’impression que ça soit une fiction. Après tout, la pensée critique doit partir d’une hypothèse, même si elle semble folle. Mais elle ne doit pas abandonner la rigueur pour qu’on puisse la confronter et vérifier si elle convient. Sinon, il faut chercher un autre point de départ. » La personne prend une des pièces du puzzle, elle la montre et dit : « Par exemple, il est possible, parfois, que le petit aide à comprendre le grand. Comme si dans cette petite partie on pouvait deviner ou pressentir la figure complète. » Vous n’écoutez pas ce qui suit, car les groupes d’à côté crient contre ces deux étranges personnes et les font taire.

Quelqu’un vous a passé un prospectus. « Disparue », peut-on lire, et il y a une image d’une femme dont vous n’arrivez pas à deviner l’âge. Une vieille dame, une femme mûre, une jeune, une petite fille ? Le vent vous arrache le prospectus et dans son envol il se confond avec les serpentins et les confettis qui brouillent la vue.

Et en parlant de petites filles…

Petite, la peau sombre, portant des habits étranges particulièrement colorés et décorés, une fillette regarde le stade, les tribunes, les lumières multicolores, les sourires des vainqueurs et des vaincus ; les premiers, heureux, les seconds malicieux.

La fillette a un doute, on le devine à l’expression de son visage, dans son regard inquiet. Vous vous sentez généreux ; après tout, vous avez gagné… mmh… vous avez gagné ? Bon, peu importe. Vous vous sentez généreux et, attentionné, vous demandez à la fillette ce qu’elle cherche.

La fillette vous répond : « Le ballon. » Et, sans se retourner, continue à balayer du regard la grande construction.

« Le ballon ? », demandez-vous comme si la question venait d’un autre temps, d’un autre monde.

La fillette soupire et ajoute : « Bon, tout compte fait, c’est peut-être le propriétaire qui l’a. »

« Le propriétaire ? »

« Oui, le propriétaire du ballon, et du stade, et du trophée, et des équipes, et de tout ça », dit la fillette alors qu’avec ses petites mains elle essaye d’englober la réalité contenue dans le Grand Stade.

Vous essayez de trouver les mots pour dire à la fillette que ces questions sont hors sujet, ou objet c’est selon, mais vous vous rappelez alors… ou plutôt vous ne vous rappelez pas avoir vu le ballon. Dans votre esprit, une image floue apparait, au début du match pensez-vous, de la sphère partout marquée du sceau de « nos aimables sponsors ». Même lors des buts marqués vous ne la situez pas.

Mais l’écran des scores est là, et l’écran marque la réalité qui est importante : untel a gagné, untel a perdu. Aucun tableau des scores ne montre qui est le propriétaire ni même du tableau, et encore moins du ballon, des équipes, des tribunes, des « caméras et micros ».

En plus, le tableau n’est pas n’importe quel tableau. C’est le plus moderne qui existe et il coûte une fortune. Il inclut une assistance vidéo à l’arbitrage pour aider ses employés à additionner ou soustraire des points sur l’écran, et à situer les répétitions instantanées ou réitérées des « Ensemble, nous avons fait l’histoire. » [1] Le tableau ne marque pas les buts mais bien les cris. Celui qui gagne est celui qui crie le plus, donc, qui a besoin du ballon ?

À ce moment, vous passez en revue vos souvenirs et remarquez quelque chose d’étrange : quelques minutes avant la fin du match, les chants, le délire fanatique de l’équipe adverse, tout ça est demeuré silencieux. Et les cris des supporters de l’équipe triomphante n’ont pas eu de rival. Oui, très étrange ce retrait subit. Mais plus étrange encore, le fait que quand l’écran du tableau ne reflétaient pas encore les résultats, même pas les résultats partiels, l’équipe adverse était revenue sur le terrain pour féliciter le vainqueur… qui n’était pas encore vainqueur. Dans les hauts et luxueux balcons du stade avait éclaté le brouhaha, et les couleurs de leurs étendards étaient déjà celles de l’équipe vainqueur. À quelle heure avaient-ils changé de favori ? Qui avait réellement gagné ? Et effectivement, qui était donc le propriétaire du ballon ?

« Et pourquoi veux-tu savoir qui est le propriétaire ? » demandez-vous à la fillette, car il vous semble que malgré vos doutes, c’est l’heure des sifflets et des matraques, et pas des questions têtues.

« Ah, parce que celui-là il ne perd jamais. Peu importe quelle équipe gagne ou perd, le propriétaire gagne toujours ».

Vous êtes mal à l’aise avec les questions que cela pose. Et vous êtes d’autant plus mal à l’aise en voyant ceux auxquels on déclarait que l’équipe à présent triomphante apporterait des malheurs, célébrer un triomphe qui, à peine quelques heures plus tôt, n’était pas le leur. Car on n’a pas l’impression qu’ils ont perdu, ils font plutôt la fête comme si le triomphe était le leur, comme s’ils disaient : « On a gagné une fois de plus. »

Vous êtes sur le point de dire à la fillette qu’elle laisse tomber l’amertume, qu’elle a peut-être ses règles, ou qu’elle déprime, ou qu’elle ne comprend rien, après tout, ce n’est qu’une fillette, mais d’un coup le respectable se met à hurler : l’équipe gagnante retourne sur le terrain pour le remercier de son soutien. Les gens-gens sont toujours dans les tribunes et contemplent, fascinés, les gladiateurs modernes qui ont vaincu les bêtes… Un moment ! Ne sont-ce pas les bêtes qui maintenant embrassent et fêtent et portent sur leurs épaules l’équipe gagnante ?

Vous avez réfléchi à ce qu’a dit la fillette. Et vous vous rappelez à ce moment, inquiet, que l’équipe contraire, connue pour sa rudesse, son habileté et ses coups montés, a abandonné le match juste avant que ne retentisse le coup de sifflet final. Oui, comme si elle craignait que sa propre inertie lui permette de triompher (avec de la triche, bien sûr) et que, pour l’éviter, elle se retirait complètement. Et avec elle ont disparu ses chants, ses supporters et, vous vous en souvenez maintenant, ses quelques porte-drapeau et étendards.

Le brouhaha continue. Il semble que dans les tribunes, l’absurdité qui parcourt le centre du terrain importe peu ; le podium attend la remise finale des prix.

Vous faites écho à la question de la fillette et, timidement, vous demandez à votre tour :

« Qui est le propriétaire du ballon ? »

Mais le cri massif avale votre question, et personne n’écoute.

La fillette vous prend par la main et vous dit : « Allons-y, on doit sortir. »

« Pourquoi ? » demandez-vous.

Et la fillette, en montrant du doigt la base de la grande structure, vous répond :

« Ça va s’effondrer. »

Mais personne ne semble s’en rendre compte… Un moment, personne ?

(À suivre ?)

Sur la base de ce qui vient d’être exposé, la commission Sexta de l’EZLN invite les individu·e·s, groupes, collectifs et organisations qui ont soutenu et soutiennent le Conseil indigène de gouvernement et, bien sûr, qui pensent encore que les changements importants ne viennent jamais du haut, mais du bas (en plus de n’avoir pas envoyé de lettre pour exprimer leur adhésion et leurs demandes au futur chef) à une :

Rencontre des réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement.

Avec comme programme la proposition suivante :

● Évaluations du processus de soutien au Conseil indigène de gouvernement et à sa porte-parole Marichuy et de la situation selon la perspective de chaque groupe, collectif et organisation ;
● Propositions des pas à suivre ;
● Propositions pour consulter de nouveau ses groupes, collectifs, organisations.

Arrivée et inscriptions : jeudi 2 août 2018.
Inscriptions et activités : vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 août.

Pour s’inscrire en tant que participant à la rencontre de réseaux, l’adresse est :
encuentroredes@enlacezapatista.org.mx

De la même manière, les communautés indigènes zapatistes, invitent celles et ceux qui ont l’art comme vocation et comme ambition au :

pARTage POUR LA VIE ET LA LIBERTÉ
« Peins des caracolitos
 [2] et envoie des doigts d’honneur aux mauvais gouvernements
passés, présents et futurs »
du 6 au 9 août 2018

Arrivée et inscriptions : quand ce sera possible pour vous du 6 au 9 août.
Clôture le 9, quinzième anniversaire de la naissance des caracoles zapatistes.

Le programme sera constitué suivant ceux qui s’inscrivent mais assurément des musicien·ne·s, des théâtreux·ses, des peintres, des sculpteurs·trices, des crieur·ses, des communautés zapatistes en résistance et en rébellion.

Pour s’inscrire comme participant et/ou assistant, l’adresse est :
asistecomparte2018@enlacezapatista.org.mx
participacomparte2018@enlacezapatista.org.mx

Tout aura lieu au caracol de Morelia (où a eu lieu la rencontre des femmes qui luttent), dans la zone Tztj Choj, terre zapatiste en résistance et en rébellion.

Attention : amenez vos verre, assiette et cuillère, car les femmes qui luttent ont conseillé de ne pas utiliser la vaisselle jetable qui pollue en plus de laisser tout en désordre. Ce ne sera pas de trop si vous amenez aussi votre lampe de poche, votre quoiquecesoit pour mettre entre le digne sol et votre très digne corps, ou une tente. Votre imperméable ou plastique ou équivalent pour s’il pleut. Vos médicaments et nourriture spéciale si vous en avez besoin. Et n’importe quoi d’autre qui pourrait vous manquer pour que quand vous nous critiquerez, nous puissions répondre : « On vous avait prévenus. » Pour les personnes en âge « de jugement » comme on dit ici, nous ferons en sorte dans la mesure du possible de leur donner un coin où dormir dans une zone spéciale.

Remarque : Oui, l’accès sera autorisé aux hommes et autres minorités.

Pour la commission Sexta de l’EZLN,
sous-commandant insurgé Moisés
sous-commandant insurgé Galeano.
Mexique, 4 juillet 2018.

P-S : Non, nous, femmes, hommes, zapatistes, nous ne nous mêlons PAS à la campagne « Pour le bien de tous, d’abord les os » [3]. Vous pouvez changer de chef, de valets et de caporaux, mais le propriétaire reste le même. Ergo

Traduction collective.
Source et texte d’origine :
Enlace Zapatista.

Notes

[1“Juntos haremos historia”, « Ensemble nous ferons l’histoire » est le slogan de Morena, le parti de Lopéz Obrador, candidat donné pour vainqueur aux dernières élections à la présidence de la République.

[2“Píntale caracolitos” signifie littéralement « Peins de petits escargots » mais l’expression a un double sens en espagnol du Mexique. Les caracolitos ou petits escargots se réfèrent à la symbologie des zapatistes et ce sont les noms donnés à leurs centres d’autogouvernement. Mais l’expression se réfère aussi à un geste obscène adressé ici directement « aux mauvais gouvernements ». L’effet est en quelque sorte équivalent à « Envoie-les se faire foutre ».

[3L’expression se réfère à un des slogans de la campagne de Lopez Obrador, “Por el bien de todos, primero los pobres”, « Pour le bien de tous, d’abord les pauvres ».

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