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Témoignage

Journée de lutte
Paris, 21 septembre 2019

vendredi 27 septembre 2019, par Maya

Hier nous étions quatre de chez nous à Paris. Partis de bon matin pour éviter les contrôles au péage de Paris, lorsque nous sommes arrivés à ce péage, pas un condé ! on se dit que toutes les infos reçues sont des fausses infos ! ça commence bien ! on continue notre route pour nous garer dans la capitale et nous rendre à la Madeleine au rendez-vous fixé. La lune vue le matin de chez nous en pleine nuit est encore là présente en plein jour à Paris ! joli et rassurant clin d’œil de la nature imperturbable...

On avance, des gens se promènent, discutent, pas besoin de gilet pour nous reconnaître, en deux temps trois mouvements les sourires se font sur les visages et les rencontres achoppent, comme on dit. Chacun·e y va de son vécu et de sa pensée. Attendre le bon moment, s’approcher, faire la masse. On nous dit que la Madeleine est bloquée, déjà nassée. En effet on s’approche et on voit les camions blancs bien rangés et la « marée chaussée » prête à défendre ou plutôt prête à l’attaque. Les voltigeurs d’un seul coup surgissent dans la rue et font des allers et retours pétaradants ! c’est du grand n’importe quoi ! Cette bande de motards invisibles sous leurs costumes pensent peut-être nous impressionner, nous faire peur, ils ne font que du bruit ! Les petits groupes se dispersent et cherchent une voie pour éviter la nasse. Nous sommes contrôlés trois fois, en nous disant que ce qui est cherché ce sont plutôt des armes, nous n’avons que casse-croûte pour la journée pas de gilet pas de couleur jaune voyante. Je cache vite fait mon foulard ma craie et deux crayons avec lesquels j’ai bien envie de m’exprimer sur les murs ou cartons trouvés sur place. On décide d’aller aux Champs, plusieurs voies sont proposées. Mais les rues sont fermées là et là et encore là ! On rencontre des gens dans la même difficulté que nous, et chacun·e y va de son explication de là où il elle en est dans ses infos, et du coup c’est plein de contradictions et de confusion. Nos explications à nous qui avons vu que la Madeleine était nassée ne conviennent pas à ceux et celles qui en ont cru d’autres. C’est un premier problème qui se lève, qui croire ? quelle est la bonne info ? comment savoir qui a la bonne info ? On garde notre idée d’aller aux Champs en avançant dans diverses rues adjacentes, une station de métro, pour enfin atteindre les fameux. On se sépare en individuel et en couple, discutant de la pluie et du beau temps, on passe les barrages sans un contrôle, on entre sur les Champs sans aucun problème, même pas une fouille. On se dit quand même que quelque chose ne tourne pas rond, un peu comme si on était dirigés à nous y rendre. Des touristes, des lambda, des GJ, des autres s’y baladent. On se reconnaît sans se connaître, c’est si simple de se reconnaître, comme si de nous émergeaient la même douleur, la même détermination, le même espoir. Je ne sais pas à quoi m’attendre, cette ouverture des Champs est peut-être un piège, on avance vers l’Arc de triomphe. Nous sommes de plus en plus nombreux sur le trottoir. Les bleus sont nombreux aussi dans les rues adjacentes. Nous nous arrêtons car un mur de flics bloquent le trottoir, ils n’ont pas l’air violents mais bon on les connaît on sait comment ils changent d’attitude d’une seconde à l’autre dès que l’ordre est reçu. D’autres, planqués dans des bureaux, appuient sur le bouton et les machines s’exécutent, obéissantes à souhait ! On s’assied sur un banc en face d’un café. J’hallucine ! le café s’appelle « Le Café des Champs, café populaire » ! Et d’un seul coup sans aucune raison apparente, une charge de CRS descend l’avenue, bien serrée et au pas cadencé ! vu de ma place je vois ce troupeau bleu casqué et je ne peux que penser aux Romains et à nous les Gaulois, la fumeuse histoire contée encore de nos jours dans les livres d’histoire des écoles. On en est encore là ! une deuxième compagnie les suit de près, les mêmes ! Je me dis que ça va être chaud. Ça sent le gaz en bas, des affrontements ont lieu, les condés remontent s’éparpillent çà et là sur l’avenue, sur les trottoirs. On ne sait rien de rien, on voit juste un éparpillement des condés, comme déstabilisés et on ne sait pas par quoi exactement. Je pense provocation. Des GJ se mettent à chanter, ils sont suivis comme une vague qui clapote ici et là par endroits. Puis du haut de l’avenue descend un important groupe de GJ qui scandent les slogans avec ferveur. Slogans repris par d’autres sur les trottoirs. Mes camarades et moi restons en lien visuel, tout le monde est à cran ! les GJ sont éparpillés par les casqués, puis se retrouvent remontent les Champs et redescendent, les bleus font pareil ! à un moment ils remontent en frappant sur leur bouclier tels des guerriers qu’ils ne sont pas ! les cafetiers ferment boutiques rentrent chaises et tables et se planquent dans l’entrée de leur estaminets en préventif. Est-ce un signe la frappe sur les boucliers ? et ça gaze ça gaze ! Je me planque dans l’entrée d’un bar avec les barmans et avec des collègues de lutte. Je suis étonnée du peu de commentaires des cafetiers, comme si une habitude était prise de participer malgré soi aux affrontements. Ces cafetiers sont des ouvriers, des exploités, des gens qui travaillent pour leur paye comme la plupart de nous et il y a un patron ou une patronne, une seule personne qui est embêtée pour son gain du jour, sa recette... Je perds mes covoitureurs. Je retrouve la rue qu’ils me donnent en texto et là, alors que j’atteins la rue, gazage à fond au moment où je passe. On est tous interloqués, suffoquant, ça gueule de tous côtés, nos yeux pleurent, ça pique grave, ça pue, il y a du gaz blanc partout, on ne sait plus où aller, on court sachant qu’il faut marcher, j’utilise ma méthode je mets mon foulard en prenant une très grande respiration par la bouche je bloque et je marche vite en baissant un peu la tête, en cherchant une issue et en étant attentive aux autres en cas de problème. Ça gaze, j’expire en crachant, j’inspire à nouveau un peu moins fortement à travers mon foulard et garde encore ma respiration jusqu’à atteindre la porte ouverte d’un bar où plusieurs de nous nous engouffrons rapidement. Des cris je n’entends que des cris, une femme à l’intérieur du bar hurle de colère. J’essaie de la calmer en lui soutenant le bras, elle met beaucoup de temps à se remettre. On ne voit que des gaz à l’extérieur. Je me questionne, mais comment faire pour vaincre cela ? Qu’est-ce qu’on doit faire pour que toute cette violence s’arrête ? C’est quoi ce bordel ? Ce monde de merde, cette pourriture face à la beauté que devrait être l’existence ? Qu’est-ce que je n’ai pas compris ? C’est quoi ma place là-dedans ? Je m’assieds au fond du bar où un couple qui déjeunait tranquillement a les yeux rouges de gaz et larmoyants. D’autres personnes en sont aussi au déjeuner. Une femme GJ me demande avec des gestes d’appeler son amie avec son téléphone, elle explique qu’elle est malentendante. Les barmans nous servent des boissons et sont un peu débordés entre nous et les consommateurs habituels. Ils sont sympas, compatissants, les yeux rouges aussi. J’écoute les conversations sans y participer car il faut nous remettre, et chacun sa méthode, la mienne est le silence ou la rage exprimée violemment. Je choisis le silence. Un homme GJ explique fortement qu’il votera RN la prochaine fois, pour virer Macron, point final. Je ne peux me retenir, j’interviens en disant que les un·e·s ou les autres de droite comme de gauche, extrême ou non, centristes, sont les mêmes, des pions qui sont manipulés et qui manipulent pour que les gens votent pour le capital, car c’est le capital que tous défendent. Je prône le non-vote, pour une fois, qu’ensemble et nombreux nous ne votions pas ! Un silence se fait. Je retourne au fond du bar et j’entame calmement une conversation écrite avec la femme malentendante. Et le hasard fait qu’elle écrit sur San Cristóbal de Las Casas, le soin par les plantes, les Indiens, et je réponds le soin plantes, ma participation à la Petite École zapatiste. Cela me calme mais ne me réjouit pas sur notre avenir et ne me remonte pas du tout le moral. La charge est terminée, nous sortons du bar et là franchement pas de bol, je tombe net sur un condé décasqué à qui je demande pourquoi il n’a pas de casque, est-ce que tout est terminé ? Il me répond : C’est la pause-déjeuner, je vais boire une bière, j’en ai besoin ! Alors là je rage je lui dis deux trois mots dont j’ai peu de souvenirs et je m’en vais colère colère colère. Je marche pour retrouver mes camarades qui sont un peu plus loin assis sur un banc, ma rage n’est pas retombée. Nous sommes dans un film ou quoi ? Nous sommes des acteurs actrices de ce bordel ? C’est un jeu ? C’est la pause-déjeuner et on reprend les combats le ventre plein ? Les baqueux sont là, écoutent notre conversation à bord de leur voiture banalisée mais si visible. Y en a marre, on va boire un coup dans une brasserie où les gens mangent de la merde bien agencée comme si rien ne s’était passé, comme si tout ce qui s’est passé n’avait pas existé. Je suis perdue dans ces mondes, je ne sais plus où j’en suis.

Bon qu’est-ce qu’on fait on a du temps avant ce soir ? On décide de rejoindre les verts et la manif climat. Et là c’est encore une autre histoire... Notre avis à nous quatre sur cette manif est le même, cela fait du bien d’être en accord de temps en temps : trop mou, trop gentil, trop propre, pas assez revendicatif, baignant dans le capital vert... on arrive sur la place, le maréchal Ney sabre de sa main droite la foule de sa hauteur figée. Le troupeau de CRS est là à ses bottes ou à ses pieds, as you want. On s’assied sur le bout de trottoir. Les militants familles poussettes enfants baba-cools bobos vieux vieilles jeunes théâtreux et autres sont là, semblant calmes et souriant·e·s. Batucada. Je fais tout pour ne pas être entraînée par la danse, car la danse est pour moi moléculaire, le son me rentre dedans et mes cellules vibrent et dansent au rythme des sons reçus. L’expression est intérieure et extérieure. Mais je ne veux pas danser, car ma colère est grande et je refuse de me réjouir et oublier l’importance de la lutte. J’écris sur le sol la phrase qui me vient : on ne peut pas lutter contre le climat on peut s’organiser pour faire face aux difficultés... Ma craie se termine là. La manif avance, colorée, joyeuse, confiante. Nous on attend, on se dit que peut-être il y aura des gens comme nous à un moment. Les gens avancent, étirement... c’est long cela dure. On ne sait pas s’ils sont nombreux ou non, c’est un peu clairsemé. Puis à un moment, enfin, des slogans plus furieux. Ah ! des Nous ! On s’intègre, c’est notre couleur, la couleur des pas content·e·s ! Ah ! cela fait du bien on est quand même un bon paquet mais qu’est-ce qu’on est sage ! ah oui il y a une organisation il y a un parcours il y a il y a il y a et on doit obéir. Et on ne peut être que d’accord avec cela. On s’intègre dans un groupe qui a tout prévu qui ne veut pas de débordement qui veut juste tranquillement s’exprimer un samedi en se baladant. Et pourtant le sujet est grave ! Qu’est-ce qu’on va prendre dans la gueule avec ce climat déréglé ? Qu’est-ce qu’on prend déjà dans la gueule ? Qui est responsable ? Comment on peut faire pour changer les choses ? Est-ce possible ? Est-ce impossible ? Est-ce que le gouv’ a des solutions ? Est-ce qu’il n’en a pas ? Est-ce que le climat se dérègle vraiment ? Est-ce la fin du monde ? Est-ce la fin d’un monde ? Est-ce que l’humanité va crever ? Avons-nous quelque chance de survivre ? Qu’est-ce qu’on peut faire ? Qu’est-ce qu’on doit faire ? Comme les autres je hurle les slogans, cela me fait du bien de les entendre de les crier, de danser un peu légèrement à leur son, de voir la couleur noire les masques les visages cachés, les regards sûrs et mécontents, le pas assuré confiant. Je me retrouve un peu dans mon monde, cela m’apaise. Et voilà que ça recommence à gazer. Gazage avant poubelle cramée, ça c’est sûr. La couleur blanche des gaz avant la couleur noire de la fumée. Ils attaquent, on répond ! et avec ce qu’on trouve sur notre chemin. D’ailleurs les poubelles sont pleines à craquer prêtes pour le feu, comme posées là sur notre route pour que nous les brûlions. Des gens bien organisés les auraient rangées la veille d’une manif, sachant l’ambiance actuelle et nous connaissant. C’est de la provocation de les laisser si accessibles mais cela nous rend bien service. Nombreux nous sommes, c’est chaud ! Sur un carton j’écris une phrase pour finir mes deux crayons usés : ON NE PEUT PAS LUTTER CONTRE LE CLIMAT ON PEUT S’ORGANISER POUR FAIRE FACE À CE QUI VIENT. Je pense réellement cela. Ça gaze, ça gaze, on s’engouffre dans un café, le gaz entre dans le bar, les yeux rouges les barmans servent. Pas un reproche, pas un mécontentement exprimé, comme une normalité ! je n’en reviens pas ! on boit un coup, on regarde la blancheur enfumée de la rue et on cause, on cause... Puis l’air s’éclaircit, on ressort on marche jusqu’en haut de la rue, on s’assied encore sur un trottoir, beaucoup de peau et yeux rouges, on est là on est là et on ne peut rien faire qui déstabilise le système ! en tout cas ce n’est pas le jour ! ce sera peut-être la nuit, il est prévu une nuit des barricades. Mais nous on doit partir, alors on part.

On rencontre des gens connus en partant, sans se connaître en vrai et sans savoir pourquoi on se serre la pince. Je mets ma main à la bouche par hasard et cela me brûle les lèvres, je dis que j’ai du toucher quelque chose d’hyperpimenté au pied de l’arbre où nous sommes, Maxime répond que ça vient de lui, il vient de se faire gazer la face à bout portant et en effet son visage, qu’il a touché avec ses mains pour se protéger sûrement, est rouge et gonflé. La réflexion qui me vient porte sur le leader, et de plus charismatique, qui selon la définition est une personnalité qui jouit d’un grand prestige et d’un charme irrésistible. Et qui est manipulable à souhait, en tout cas qui peut l’être. Il faut être solide pour être leader et nous avons travaillé le sujet pendant la lutte contre les OGM. Le leader charismatique qui a adoré se faire manipuler et qui a manipulé de la même manière les gens des groupes, tout le monde le connaît et comme je n’ai pas pardonné son attitude je ne le nommerai pas. Nous avons à l’époque cherché à savoir ce qu’est un leader ou une leadeuse, parce que nous étions devant pour quelques-un·e·s sans nous en rendre compte vraiment mais constatant que nous emmenions les troupes avec joie et détermination. Mais nous refusions de parler devant les caméras et avec les journalistes à la botte du capital. Alors celui qui a pris la place on la lui a laissée et il en a profité jusqu’à son dernier mandat européen. Mes ami·e·s et moi avons fait un stage avec le Man de Lyon (Mouvement Alternative Non-Violence) pour connaître qui était leader dans notre groupe d’affinité et ce qu’est un leader. Nous sommes deux à avoir été reconnus porter cette qualité. Pour nous cela a été une confirmation de ce que nous ressentions intimement. Si je remets cela à la lutte d’aujourd’hui, je ne veux pas prendre la place de devant, car le leader qui est devant prend des coups, et beaucoup. Des coups des jaloux qui n’ont pas la qualité du poste et qui aspire à le prendre pourtant, des coups de ceux et celles qui veulent les manipuler et qui font tout pour cela, des coups des journalistes payés par le capital, des coups par les condés qui se lâchent facilement ou qui reçoivent l’ordre de toucher le leader, des coups de celles et ceux qui protègent le capital, des coups des coups des coups. Alors l’idée qui m’est venue est de prendre ma place dans le groupe et non devant. C’est beaucoup plus intéressant, cela permet de parler avec tout le monde et n’importe quelle personne et de tout sujet. Les conversations sont riches d’enseignement je peux vous l’assurer. Ce qui dans cette lutte a l’air de gêner est que la médiatisation est mensongère et que la lutte ne se coordonne pas en un grand groupe uni. J’y réfléchis je ne fais que cela ! Je me rapproche des sept principes zapatistes. Le premier est « Obéir et non commander » et c’est ce principe qui touche le leader. Le leader est un représentant du groupe, il obéit aux décisions du groupe, quand il parle aux médias il transmet les décisions du groupe, puis retourne dans le groupe comme un individu du groupe et non comme un chef de groupe. Le fait d’être plusieurs leaders est intéressant car ce n’est jamais le·la même qui est devant, ce qui déstabilise les médias qui ont beaucoup plus de difficultés à jouer la carte manipulation. Cela concerne aussi la rotation des tâches, à laquelle je suis très attachée. Chez les GJ il y a diverses opinions, le groupe n’est pas en total accord, on suit plus un mouvement qui avance qu’un groupe qui s’autodécide ou s’autodétermine. C’est très compliqué de poser une place de leader. Les autres principes sont : « Servir et non se servir. Représenter et non supplanter. Construire et non détruire. Proposer et non imposer. Convaincre et non vaincre. Descendre et non monter. » Et pour tout dire, une pensée m’est venue il y a peu concernant les mots « ordre, ordonner ». Ordonner ce n’est pas que donner des ordres, c’est aussi mettre de l’ordre et je pense que j’en suis là aujourd’hui dans ma réflexion. Mettre de l’ordre dans mes idées, dans mes possibilités, pour que ma participation à ce groupe soit ce que je suis réellement et non ce que je parais être. Si chacun chacune mettons de l’ordre dans notre vie, dans notre réflexion, dans nos possibilités, dans notre volonté d’avancer ensemble, non pas comme un troupeau mais avec notre propre détermination en accord avec le sens du groupe dans lequel nous sommes, en connaissance que ce groupe est constitué de chacun·e là où il·elle en est et qu’il se construit pas à pas, nous serons plus solides, plus créatifs, plus solidaires, plus crédibles et plus joyeux aussi.

On marche jusqu’à Bercy. Par exemple je me mets à la place d’une toute jeune qui s’intéresse à la politique, écoute les infos, essaie de comprendre. Les médias parlent de Bercy. Mais qu’est-ce que c’est Bercy ? un lieu de concerts ? un hôtel ? un quartier de Paris ? ah c’est aussi le lieu politique politicienne de la finance ! pourquoi les médias parlent ainsi d’un lieu politique avec juste le nom d’un quartier ? Est-on tous censés savoir que Bercy c’est le lieu des magouilles financières ? Bref on arrive à Bercy après avoir discuté pendant tout le chemin du travail, du concept travail, et de comment ne pas être en difficulté avec le fait de travailler pour le système du lundi au vendredi et de lutter les samedis contre ce même système. Pas facile d’être en accord intérieur extérieur avec ça ! Bercy est fermé, c’est samedi, Bercy est bien gardé par les p... du capital, p... à M... (nouveau slogan qui fuse bien !). Je pose mon carton au coin de la rue et cette fois on s’en va vraiment.

Métro : on est comme on est, on est tellement normaux, tellement naturels, que dans le métro on est comme ça, on se cause normalement, à voix haute, on s’exprime et du coup d’autres GJ dans la rame entrent dans la conversation, parler de ceci ou cela fait venir le sourire sur un visage fermé, et la joie revient un peu par le fait d’être dans cette foule qui semble si moutonnière et qui peut-être ne l’est pas...

Le retour se passe en discussions, les thèmes ne manquent pas ! Samedi prochain on recommence ailleurs, il va falloir s’organiser vraiment, se comprendre, se mettre en accord, se faire confiance, et vouloir un peu plus je pense...

22 septembre 2019,
il pleut...
Maya

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