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Nous ne reculerons pas d’un pouce jusqu’au retour sur notre terre de Copala

mercredi 15 février 2012

Aux médias,
Aux organismes de droits humains,
Aux organisations sociales,
Aux peuples indigènes,
À La Otra Campaña,

Le corps fatigué, mais avec le ferme espoir que la paix arrive un jour pour notre peuple, nous revenons dans cette ville pour dénoncer encore l’impunité qui continue de régner dans notre village ; notre décision reste ferme, notre demande est celle de toujours : justice, prison pour les criminels, et paix pour notre terre.

Sœurs, frères, aujourd’hui plus que jamais il est clair que nous ne pouvons rien attendre de ceux qui, en haut, ordonnent la mort et la destruction pour les gens humbles et simples, et distribuent de l’argent à pleines mains à ceux qui se disent dirigeants mais qui soumettent le peuple au moyen des armes.

Dans notre région, compañeras, compañeros, il existe des personnages sinistres qui, usant de la terreur, ont dominé la majorité de nos frères ; car nous savons bien que, dans notre village, manifester n’importe quel désaccord avec ceux qui se disent dirigeants est cause de sévères châtiments économiques et physiques. C’est ce qui nous est arrivé : élever la voix a été le prétexte pour que nous comptions aujourd’hui plus de vingt-deux morts dans notre organisation, sans que jusqu’à présent s’applique la justice.

C’est pourquoi aujourd’hui ces criminels, parfaitement connus des gouvernements de l’État et de la Fédération, continuent à s’imposer et à disposer de la vie humaine. Cela ne nous fait pas plier, ne nous décourage pas, aussi aujourd’hui nous nous adressons au peuple qui chemine dans les douleurs qu’en bas et à gauche on connaît si bien, pour lui faire savoir que nous poursuivrons notre mobilisation pacifique jusqu’à ce qu’il y ait la paix dans nos villages et que les criminels et leurs dirigeants se trouvent là où ils doivent être. Nous demandons à notre peuple d’Oaxaca qui ne sympathise pas avec notre lutte qu’il vienne voir de plus près ce qui nous motive pour maintenir notre protestation ; il se rendra compte que nous luttons pour la vie, pour continuer à être ce que nous sommes. Et surtout pour conserver cette partie de l’histoire qu’il nous revient à nous, les indigènes triquis, de garder, pour que ce pays qui s’appelle le Mexique reste debout, malgré tant d’années à être gouverné pour favoriser les maîtres de l’argent et réprimer et exploiter ceux qui n’ont rien.

Nous ne reculerons pas d’un pouce jusqu’au retour sur notre terre !

Respectueusement,

Conseil autonome communautaire de San Juan Copala

Traduit par el Viejo.

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