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Un anarchiste dans la révolution mexicaine,
Práxedis G. Guerrero (1882-1910)

mardi 13 août 2013

Sixième enfant d’une riche famille de propriétaires terriens catholiques, José Práxedis Gilberto Guerrero Hurtado naît le 28 août 1882 dans l’hacienda de Los Altos de Ibarra (León, État de Guanajuato, Mexique).

Il fréquente les écoles privées de León où il rencontre pour la première fois son ami Francisco Manrique. De retour dans sa famille, ses lectures (Darwin, par exemple) l’éloignent de la religion.

En 1899, il écrit ses premiers articles qu’il envoie à plusieurs journaux [1]. En mai 1901, il devient correspondant au Diario del Hogar, le journal anti-Porfirio Díaz de Filomeno Mata. Il se consacre ensuite aux affaires familiales tout en lisant la presse d’opposition [2].

En novembre 1901, il est intégré, à sa demande, comme sous-lieutenant de cavalerie à la « Seconde Réserve militaire » [3]. Le 2 avril 1903, à Monterrey, dix mille libéraux manifestent contre la réélection du général Bernardo Reyes comme gouverneur de l’État du Nuevo León, celui-ci ordonne aux federales d’ouvrir le feu : quinze manifestants sont tués et il y a de nombreux blessés. Quand la nouvelle de ce massacre parvient à Práxedis — que la lecture de Gorki, Tolstoï, Bakounine et Kropotkine a fait évoluer —, il quitte la « Seconde Réserve militaire » et retourne à Los Altos de Ibarra.

En septembre 1904, Práxedis — avec Francisco Manrique (son ami d’enfance) et Manuel Vasquez — décide de quitter le Mexique pour les États-Unis. Franchissant la frontière à El Paso (Texas), Práxedis et ses deux compagnons font route vers Denver (Colorado), où ils trouvent du travail dans une compagnie minière (Colorado Supply Co).

En février 1905, Práxedis, qui travaille maintenant à San Francisco, reprend la plume et fonde le journal Alba Roja (aube rouge). C’est probablement par ces écrits que les militants du Parti libéral mexicain (PLM) prendront connaissance de son existence. Le 28 septembre, alors que Práxedis travaille sur les quais du port, la Junte organisationnelle du Parti libéral mexicain (JOPLM) est fondée à Saint Louis [4]. La devise de la junte est « Réforme, Liberté et Justice » et son but est alors de coordonner les activités révolutionnaires des opposants à Díaz exilés avec celles des groupes restés au Mexique.

En mai 1906, Manuel Sarabia, représentant de la junte, rencontre Práxedis, alors que celui-ci travaille aux mines de Morenci. À la suite de cette visite, Práxedis et ses compagnons fondent, le mois suivant, le groupe Obreros Libres (Ouvriers libres), composé de Mexicains travaillant dans les mines [5]. Le groupe est une junte auxiliaire et sert à propager les idées du PLM. Des collectes de fonds sont régulièrement effectuées pour aider la junte principale de Saint Louis. Ricardo Flores Magón salut chaleureusement la création de cette junte auxiliaire et correspond avec Práxedis [6].

En septembre 1906 les premiers soulèvements organisés par le PLM ont lieu au Mexique. Mais, du fait de l’infiltration du mouvement révolutionnaire par les informateurs de la police mexicaine et de l’action de l’agence de détectives Pinkerton, la plupart échouent. Beaucoup de membres du PLM sont arrêtés au Mexique et aux États-Unis, et, parmi eux, deux membres de la junte : Juan Sarabia et Antonio I. Villarreal. Ricardo Flores Magón évitant de justesse l’arrestation à El Paso.

Sa tête étant mise à prix, Ricardo et Modesto Díaz se réfugient à Los Angeles (Californie). Par la suite il est rejoint par Librado Rivera et Villarreal, également en fuite, et, ensemble, ils fondent Revolución le 1er juin 1907, qu’ils éditent clandestinement afin de remplacer Regeneración.

Le 29 juin 1907, Práxedis, qui travaille dans des mines de la Copper Queen Co à Douglas (Arizona), où il écrit des articles pour Revolución, est nommé délégué spécial de la junte. Le 30 juin, Manuel Sarabia, qui se trouve également à Douglas est enlevé. Mais avant d’être bâillonné et emmené au Mexique, il a le temps d’appeler à l’aide et de donner son nom. Plusieurs personnes ayant entendu ses appels, la solidarité s’organise. Après un meeting auquel participe Mary Harris « Mother » Jones [7] et une campagne de presse du Douglas Daily Examiner, le gouvernement mexicain est contraint de libérer Manuel Sarabia. Práxedis joue un rôle important dans cette libération : il fait imprimer et distribuer des tracts en espagnol, et engage deux avocats au nom de la junte.

Le 23 août, Ricardo Flores Magón, Villarreal et Rivera sont retrouvés et arrêtés par les autorités nord-américaines. Le lendemain, les détectives retournent dans les locaux de Revolución, où ils arrêtent Modesto Díaz. Le 27 septembre, Lazaro Gutierrez de Lara, le nouvel éditeur de Revolución est lui aussi arrêté sur ordre direct du gouvernement mexicain.

Le 9 novembre 1907, Práxedis rencontre Ricardo Flores Magón pour la première fois, lors d’une visite aux trois membres de la junte emprisonnés à la prison du comté de Los Angeles. Après cette rencontre, Práxedis est nommé deuxième secrétaire à la junte.

Práxedis rejoint Manuel Sarabia à Los Angeles et organise, les 12 et 26 novembre, des réunions de protestation en soutien à Lázaro Gutiérrez de Lara. L’avocat socialiste Job Harriman y prend la parole et tentera le 22 décembre d’obtenir sa mise en liberté par un acte d’habeas corpus qui lui ai refusé [8]. Revolución est maintenant officiellement édité par Frederico Arizmendez et Fidel Ulibarri. Sous l’impulsion de Práxedis, ils publient des extraits des travaux de Kropotkine, jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés à leur tour pour écrits diffamatoires. Ils seront libérés plus tard sous caution, le journal étant pendant ce temps édité par Manuel Sarabia. En janvier 1908, Manuel Sarabia est arrêté, Revolución cesse de paraître.

Maintenant, la tâche d’organiser et de coordonner le PLM des deux côtés de la frontière incombe à Práxedis et au plus jeune frère de Ricardo Flores Magón, Enrique, récemment revenu de New York à Los Angeles. Fin avril, Práxedis et Enrique reprennent l’édition de Revolución avec l’aide de Modesto Díaz qui a été libéré. Fin mai, Revolución est définitivement fermé par les agents des services secrets qui détruisent les presses, les meubles et emprisonnent les trois imprimeurs pour « écrits criminels ». Modesto meurt en prison, Práxedis et Enrique sont libérés grâce à l’intervention de Frederico Arizmendez et Fidel Ulibarri.

Après l’interdiction de Revolución, Práxedis et Francisco Manrique se rendent à El Paso (Texas), où ils prennent contact avec divers groupes révolutionnaires du PLM dans ce secteur. Ils dirigent également l’expédition de fonds et d’armes à travers la frontière aux groupes actifs dans les États du nord du Mexique (Coahuila et Chihuahua). La junte a réussi à organiser un réseau de groupes révolutionnaires au Mexique, divisé en six zones avec soixante-quatre centres armés ; sans compter, dans la région de La Laguna (Chihuaha), les Yaquis et les Tarahumaras.

Après des mois de préparation et d’attente, l’heure du deuxième soulèvement du PLM approche. Des groupes armés des deux côtés de la frontière sont près à l’action quand, le 18 juin, c’est le désastre… Informée par un espion qui a infiltré le groupe, la police perquisitionne les maisons des activistes du PLM à Casas Grandes (Chihuahua).

Cinq jours plus tard, le 23 juin, les gardes du Texas pillent la maison de Prisciliano G. Silva à El Paso et saisissent trois mille cartouches, cinquante bombes de dynamite et des documents importants comprenant une lettre écrite par Ricardo Flores Magón sortie en contrebande de la prison par sa compagne Maria Talavera. Cette lettre contient de nombreuses informations sur les groupes du PLM prêts à se soulever au Mexique. Les autorités nord-américaines remettent immédiatement cette lettre au dictateur mexicain. Et, à sa demande, Ricardo Flores Magón et ses deux camarades sont mis au secret à la prison du comté de Los Angeles.

Néanmoins, en dépit de ce premier échec, un premier groupe du PLM franchit la frontière dans la nuit du 24 au 25 et prend la ville de Viesca (Coahuila) avec facilité, la police locale offrant seulement une faible résistance. Résistance durant laquelle un gendarme est tué et un autre blessé. Les insurgés ouvrent alors la prison, libérant tous les détenus. Le manifeste du PLM est proclamé sur la place publique. Les chevaux et les fonds du bureau public sont expropriés pour la révolution. Tout cela est accompli sans préjudice pour la population civile. Après avoir tenu la ville une journée, ils sont forcés de se retirer à cause de l’hostilité des habitants qui les prennent pour des bandits. « L’évacuation de Viesca est devenue inévitable », a écrit Práxedis plus tard. Une fois hors de la ville, les rebelles se dispersent, certains franchissent la frontière vers les États-Unis et d’autres rejoignent d’autres groupes actifs du PLM.

Le jour suivant, au cri de « Camarades, vers la mort ou vers la conquête de la liberté ! », un groupe du PLM de quarante hommes, mené par Benjamín Canales, Encarnación Guerra et Jesús M. Rangel, attaque la ville de Las Vacas (aujourd’hui Ciudad Acuna, dans l’État de Coahuila). Bien que la ville ait une garnison de plus de cent federales, les soldats — au lieu de rester dans leurs casernes — se cachent dans les maisons de la population civile pour les empêcher d’aider les rebelles. Après une lutte sanglante, pendant laquelle les federales sont réduits à seulement quinze hommes, la ville est finalement prise. En raison de leurs pertes, les insurgés décident d’évacuer la ville. Bien que blessé, Jesús M. Rangel mène cette retraite. Le prix de la prise de Las Vacas est élevé. Beaucoup de militants chevronnés ont perdu leur vie ; parmi eux : Canales, tué pendant l’attaque initiale, Néstor López et Modesto G. Ramírez.

Le 1er juillet, avec Enrique Flores Magón, José Inés Salazar, Francisco Manrique et sept autres camarades, Práxedis traverse la frontière mexicaine et attaque la ville de Palomas (Chihuahua), après avoir coupé les fils télégraphiques. Fouillant tout d’abord les maisons des civils pour éviter une répétition de Las Vacas, les insurgés trouvent finalement une force de vingt-cinq rurales enfermés dans leur caserne. Une tentative de les déloger est cependant repoussée. Dans cette lutte, Francisco Manrique est tué et un autre camarade de Práxedis blessé.

L’action révolutionnaire d’autres groupes du PLM eut lieu dans d’autres parties du pays. Une attaque échoue sur la ville de Matamoros (Tamaulipas), ainsi qu’un soulèvement mené par le groupe du PLM de Janos (Chihuahua). En Basse-Californie, la ville de Mexicali est attaquée par une faible force du PLM qui prend le centre-ville, alors qu’un soulèvement des Indiens yaquis dans le Sonora est mené par Fernando Palomares.

Après l’attaque infortunée sur Palomas, Práxedis et Enrique Flores Magón poursuivent leur route à pied jusqu’à El Paso, en passant par Ciudad Juárez. D’El Paso ils vont à Albuquerque (Nouveau-Mexique), où Práxedis reste pour soigner ses blessures. En convalescence il écrit des articles pour le journal libéral Reforma, Libertad y Justicia d’Austin (Texas), édité par Antonio de Pío Araujo et Tomás Sarabia, jusqu’à ce qu’Araujo soit arrêté par les autorités nord-américaines et le journal supprimé.

Ses blessures guéries, Práxedis quitte Albuquerque et se rend à Douglas (Arizona), tandis qu’Enrique Flores Magón se dirige vers San Francisco.

À Douglas il a fait connaissance avec Jesús M. Rangel et commencé à projeter le troisième soulèvement du PLM. Après Las Vacas, Rangel a mené une action d’arrière-garde quand, en août, lui et un petit groupe de guérilleros du PLM firent tomber une colonne de federales dans une embuscade à Sierra del Burro (Coahuila), tuant vingt soldats. En septembre, Práxedis va à El Paso où il peut organiser plus de groupes révolutionnaires, tandis que Rangel se rend en Oklahoma pour obtenir des fonds pour le PLM auprès des mineurs mexicains.

Début 1909, Práxedis voyage comme délégué spécial de la junte dans les États centraux et méridionaux du Mexique, prenant contact avec tous les groupes actifs qu’il peut rencontrer. Dans le même temps, Hilario C. Salas et Cándido Donato Padua organisent les activités du PLM dans les États d’Oaxaca, Puebla et Tlaxcala. Tous les deux étaient des vétérans du soulèvement 1906 ; et Padua, commandant « militaire » du PLM pour la région de Veracruz, est parvenu à maintenir un groupe actif depuis cette époque. Práxedis reste en contact avec ces deux camarades par courrier, en utilisant le nom de code Nihil.

Retournant aux États-Unis au début mars, il traverse le Kansas, le Missouri et l’Illinois gagnant à la cause du PLM des membres du Parti socialiste d’Amérique. En août, il est encore à El Paso où il a rejoint Rangel et Andrea Villarreal (la sœur d’Antonio), qui sont engagés dans le travail d’organisation et de propagande. Le jour suivant l’arrivée de Práxedis, Rangel est arrêté par les autorités des États-Unis pour « violation » des lois de neutralité et condamné à dix-huit mois d’emprisonnement.

Après que ce coup dur, Práxedis doit se rendre au sud du Texas, où il a trouvé du travail pour un temps dans une scierie, afin d’échapper à la machine judiciaire nord-américaine qui commence à le harceler.

L’arrivée de Práxedis à El Paso a également vu la publication de la première version de Punto Rojo, un journal révolutionnaire qu’il projetait depuis sa convalescence après Palomas. La plupart des autres journaux libéraux aux États-Unis, ayant été supprimés par les autorités, il était capital pour le PLM de garder le contact avec ses membres. Durant sa courte existence Punto Rojo est vendu à dix mille exemplaires par tirage. Peu après la parution de Punto Rojo, Práxedis est contraint de quitter El Paso, le journal est alors repris par un socialiste américain, William Lowe, et deux Mexicains, Clemente García et Antonio Velaral.

Début 1910 Práxedis travaille à Houston (Texas), où, le 1er février, il échappe à une arrestation en sautant par la fenêtre du troisième étage. Il se cache, le temps de soigner l’épaule qu’il s’est foulée, puis se déplace à Bridgeport pour y travailler dans les mines de charbon. Pour commémorer la mort de Ferrer, Práxedis parcourt le Texas pour encourager la fondation d’écoles modernes.

Par ailleurs, il fonde la Ligue panaméricaine du travail qui, du Texas et de l’Arizona, s’étend rapidement à plusieurs États mexicains. Les six principes mis en avant dans le programme de la Ligue sont les suivants [9] :

1. Propagation et soutien de l’enseignement rationaliste ;
2. Émancipation de la femme ;
3. Destruction des préjugés de race et de nationalité qui aujourd’hui divisent l’humanité ;
4. Participation des prolétaires de toutes les nations de l’Amérique à toutes les affaires qui les concernent ;
5. Amélioration du salaire et des conditions de travail ;
6. Abolition de la guerre.

Il rédige également des articles pour Evolución social, un hebdomadaire libéral de Tohay. Fin mai Punto Rojo est fermé par la police. Un mois plus tard, Práxedis, qui prépare l’évasion de Juan Sarabia de San Juan de Ulua (Mexique) doit de nouveau se déplacer. Sa tête est mise à prix dix mille dollars par le gouvernement mexicain.

Le 3 août, Ricardo Flores Magón, Antonio I. Villarreal et Librado Rivera sont libérés de la prison de Florence (Arizona), où ils avaient purgé une peine de dix-huit mois pour une prétendue « violation des lois de neutralité ». Ils se rendent immédiatement à Los Angeles où ils sont accueillis à la gare par des centaines de sympathisants du PLM.

À la fin août, Práxedis quitte San Antonio, où il a travaillé dans les ateliers ferroviaires, et rejoint Ricardo Flores Magón à Los Angeles. En septembre la publication de Regeneración reprend, avec Práxedis en tant que membre du comité de rédaction. Les membres de la junte de nouveau réunis (à l’exception de Juan Sarabia), le projet d’un troisième soulèvement leur est soumis [10].

La junte apprend que Francisco I. Madero, le candidat perdant lors de l’élection présidentielle tenue en juin [11], projette un soulèvement pour le 20 novembre. Leurs plans n’étant pas entièrement prêts, la junte contacte les groupes du PLM au Mexique afin qu’ils associent leur soulèvement à celui de Madero. Ils envoient également une circulaire générale expliquant tout à fait clairement la manière dont les groupes doivent agir envers les agents de Madero.

« La junte vous conseille de vous soulever en utilisant le mouvement de Madero, mais sans le rejoindre (…) attirez tous ceux qui, de bonne foi, sont disposés à combattre ; essayez à chaque fois de contrecarrer les tendances madéristes, de sorte que la révolution soit faite au profit du peuple mexicain, au lieu de suivre le moyen criminel dont se sert un groupe d’ambitieux pour prendre le pouvoir. »

Ces instructions sont signées par tous les membres de la junte.

Les madéristes se soulèvent le jour prévu. Le PLM passe à l’offensive. À la fin novembre, Práxedis quitte Los Angeles pour El Paso où il rejoint un groupe de vingt-deux hommes et, la nuit du 19 décembre, ils franchissent la frontière du Chihuahua. Son plan est de prendre plusieurs petites villes dans le nord de l’État, puis de marcher sur la capitale de l’État du Chihuahua. Le 23 décembre, les insurgés s’emparent de la station ferroviaire de Sapeyo (39 kilomètres au sud de Ciudad Juárez). Ils prennent un train et vont jusqu’à Guzmán, faisant sauter des ponts et coupant des fils de télégraphe derrière eux. Ils sont rejoints, le jour suivant, à El Sabinal, par vingt-cinq autres rebelles. Ce jour, Práxedis pouvait rapporter de nouveau à la junte à Los Angeles : « Jusqu’à aujourd’hui il n’y avait rien eu de nouveau. Mais aujourd’hui le chemin de fer du nord-ouest est sans ponts. Le peuple nous rejoint volontairement, Guerrero. »

C’est à Guzmán que les rebelles se divisent en deux colonnes. Tandis que l’une d’elles, menée par Prisciliano G. Silva, marche vers Laguna de Santa María, l’autre, se composant de trente-deux hommes menés par Práxedis, marche vers Casas Grandes. Práxedis renonce à prendre cette ville quand il découvre que la ville a caché une garnison de quatre cent cinquante federales [12]. Déviant de Casas Grandes, il attaque la ville de Janos le 29 décembre. Après un long et sanglant combat, la ville est prise par les insurgés du PLM, mais avant que le détachement des federales postés là soit maîtrisé il est parvenu à alerter la garnison de Casas Grandes. Immédiatement, une force de cent cinquante federales ainsi qu’un détachement des rurales sont envoyés à Janos. Pendant l’affrontement de nuit qui suit leur arrivée, Práxedis est mortellement blessé. Il meurt le 30 décembre 1910 à l’âge de vingt-huit ans.

Ces données biographiques viennent de :
« The Anarchists and the Mexican Revolution.
Práxedis G. Guerrero 1882-1910 »
, de Dave Poole,
Cienfugos Press Anarchist Review n° 4, 1978.
Source (français) : La Bouche de fer, 2007.
Relecture par “la voie du jaguar”, 2013.

Notes

[1El Heraldo del Comercio à León et El Despertador à San Felipe.

[2El Demofilo de Juan Sarabia, El Hijo del Ahuizote de Ricardo Flores Magón.

[3La « Seconde Réserve militaire » (créée par le ministre de la Guerre Bernardo Reyes), reprenant l’organisation du Landwehr allemand, donnait à des volontaires une formation militaire afin de fournir des officiers et sous-officiers capables d’encadrer une éventuelle mobilisation.

[4Ricardo Flores Magón en est le président ; Juan Sarabia, le vice-président ; Antonio I. Villarreal, le secrétaire ; Enrique Flores Magón, le trésorier ; Librado Rivera, Manuel Sarabia et Rosalio Bustamante, les membre du comité.

[5Práxedis en est président, Manuel Vasquez secrétaire et Francisco Manrique membre du bureau.

[6« Carta de Ricardo Flores Magón a Práxedis G. Guerrero del 21 de septiembre de 1906 », Práxedis G. Guerrero, Articulos de combate, Ediciones Antorcha, 1984.

[7Mary Harris Jones (1837-1930), ouvrière syndicaliste américaine, contribua, en 1905, à la fondation des Industrial Workers of the World (IWW). Son Autobiographie est traduite éditée et disponible en français aux éditions Les Bons Caractères (note de “la voie du jaguar”).

[8De Lara ne sera libéré que le 30 mai 1908 pour absence de preuve.

[9Publiés dans Regeneración n° 8 du 22 octobre 1910.

[10Déjà, dès avril, les chefs militaires du PLM, se réunissant dans le Tlaxcala, avaient décidé qu’en raison du mécontentement général dans tout le pays le moment de l’action révolutionnaire était opportun. En mai, mille cinq cents péons armés avaient pris la ville de Valladolid (Yucatán), la tenant durant quatre jours. Le mois suivant, trois cents péons à Bernardino Contla (Tlaxcala) avaient pris l’hôtel de ville au nom du PLM, avant d’être dispersés par un détachement de federales appelé en renfort.

[11Madero avait représenté le Parti anti-réélectionniste et, après sa défaite, accusé Díaz d’avoir truqué l’élection.

[12Práxedis G. Guerrero, Articulos de combate, Ediciones Antorcha, 1984, chronologie.

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