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Solidaires de « Rosa Nera », en Crète,
où l’État grec met brutalement fin à seize années
d’occupation libertaire auto-organisée

samedi 5 septembre 2020, par Raoul Vaneigem, Rosa Nera

L’évacuation de l’occupation « Rosa Nera », sur la colline de Kastelli dominant le vieux port de La Canée (Hania), a été effectuée tôt ce samedi 5 septembre au matin par la force policière.

Depuis la prise du pouvoir par un gouvernement de droite, des dizaines de squats politiques anarchistes ou antiautoritaires ont été évacués par la violence policière ; il s’agit d’une décision centrale d’« ordre et de sécurité » appliquée par l’État grec.

À La Canée, la zone était bouclée ce matin par plusieurs forces de police depuis 5 h 30. Tout de suite, les personnes solidaires ont été informées et ont commencé à se rassembler. L’opération d’évacuation a été menée par les Forces spéciales antiémeutes, alors que des forces de police locales ont également participé à l’opération. La colline était entourée de flics. Une escouade bleue — provenant peut-être de la ville voisine de Réthymnon — avait bloqué l’entrée du passage menant à l’occupation.

Lorsque se déroulait l’opération de transfert à la direction de la police de celles et ceux détenu·e·s à l’intérieur du bâtiment (il s’agit de seize arrêté·e·s, parmi eux des immigré·e·s hébergé·e·s dans l’occupation), les personnes rassemblées criaient des slogans comme « Tout est à nous car tout est volé, occupons les villas et les maisons abandonnées », « Dans vos têtes il n’y a que la merde, comment comprendre ce que signifie liberté » (adressé aux flics) alors qu’ils et elles désignaient les équipes qui se rendaient sur la zone pour évacuer les lieux.

Peu après 8 heures du matin, des incidents à petite échelle ont éclaté et la police a tiré gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Beaucoup de produits chimiques ont été consommés par les flics eux-mêmes, qui ne portaient pas de masque. Les gens sont resté·e·s à l’endroit où l’attaque a eu lieu (rue Kanevaro), tandis qu’une escouade bleue a fermé l’entrée de l’occupation. Un forgeron a traversé l’occupation afin de la sceller avec des feuilles de métal, quelques feuilles métalliques ont pu être insérées, mais une seconde tentative a été repoussée avec succès par les solidaires rassemblé·e·s.

Les personnes soutenant l’occupation affluent toujours sur place, rue Kanevaro. En ce moment commence une manifestation dans les rues de Hania, alors qu’il y a aussi un appel sur la place du Marché à midi.

Les forces de police ont bloqué tous les rues et les ruelles environnantes de la rue Saint-Marc qui conduisent à l’occupation.

À rappeler que le bâtiment, qui a été abandonné pendant de nombreuses décennies et qui appartient à l’Université technique de Crète, est sous occupation libertaire depuis seize ans.

La question de l’occupation de la colline de Kastelli devenait très préoccupante pour la communauté locale quand en 2017 on a appris que l’Université technique de Crète avait loué le bâtiment à une entreprise israélienne afin d’y créer un hôtel de grand luxe. À l’époque, des mobilisations dynamiques et massives partout en Grèce ont empêché ce projet.

De lutte à lutte, de cœur à cœur,
solidarité avec Rosa Nera !

Site de Rosa Nera
Hommage à Vardis Tsouris
devant Rosa Nera, juin 2017

Sur “la voie du jaguar”, on peut lire :

À La Canée, ne touchez pas à Rosa Nera !

Communiqué de l’assemblée de Rosa Nera

L’humain a tous les droits
l’économie n’en a aucun

Invité à Rosa Nera à l’occasion de la traduction grecque de ma Lettre aux enfants, je dois au « génie du lieu » les premiers pas d’un amour qui n’a cessé d’enjamber le temps. La présence d’amis, dont Vardis, a rendu plus sensible encore le vent du large qui balayait les miasmes du vieux monde.

Que l’intensité passionnelle coïncide avec l’expérience d’une société nouvelle, n’est-ce pas l’effet de ce bouleversement des comportements et des mentalités, que propagent les insurrections populaires qui embrasent la planète.

Le combat pour la vraie vie tend désormais à supplanter la traditionnelle lutte de survie où proies et prédateurs se déchirent. La guerre de l’émancipation, qui, seule, devrait solliciter notre énergie, est celle que l’humanité livre contre un parti de la mort travaillant à la détruire en détruisant la terre entière.

Notre véritable ennemi, c’est le système économique. Il sévit partout ? Soyons partout à ranimer la conscience d’une vie qui en viendra à bout.

Rosa Nera n’a pas de frontières.

Raoul Vaneigem

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