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À La Canée, en Crète,
ne touchez pas à Rosa Nera !

samedi 20 mai 2017, par Rosa Nera

La caravane avance, laissez les chiens aboyer.
(proverbe arabe)

Le recteur de l’École polytechnique de Crète, B. Digalakis, a fait depuis un mois un certain nombre de déclarations publiques sur « l’utilisation » d’une propriété de l’université à La Canée (Hania). C’est-à-dire qu’un « feu vert » a été donné (secrètement, bien sûr) à divers hommes d’affaires pour présenter des propositions, hôtelières entre autres, au sujet du bâtiment occupé depuis treize ans Rosa Nera.

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir tente d’attaquer les espaces qui abritent les assemblées des collectifs politiques, les événements politiques des mouvements sociaux et ouvriers de la ville, mais aussi une multitude de groupes artistiques.

Mais de quelle « utilisation » parle-t-il ?

Pour les capitalistes, le progrès signifie l’exploitation de l’homme et de la nature pour obtenir le plus grand profit possible. Le champ libre cesse d’avoir le sens d’un espace où les gens se socialisent, créent et partagent la lutte pour leur vie ; il devient plutôt un lieu opportun d’investissement et d’accumulation.

Chaque fois que la communauté étudiante a essayé de jouer un rôle actif et autonome sur les questions qui la concernent directement, elle a dû affronter les recteurs, les hommes d’affaires, les flics. L’utilisation du bâtiment « Papadopetrou », qui a couvert pendant quelques années les besoins politiques et culturels des étudiant·e·s, a tellement dérangé le recteur Gryspolakis qu’il en a démantelé les fenêtres, le transformant en bâtiment mort à partir de 2010. La dévastation de l’école française à Halepa en 2012 par le recteur actuel, malgré les réactions des étudiant·e·s, a fait encore tomber un bâtiment en désuétude. Ces mouvements font partie de la politique de serres universitaires qui veulent que les étudiant·e·s soient sans rôle actif et sans présence politique et sociale dans la vie de la ville.

L’École polytechnique de Crète, une institution d’État par euphémisme, est dans les mains de technocrates et de gestionnaires qui favorisent une subordination des institutions au profit, ce qui compromet le caractère humain et social du savoir. Sous prétexte du manque de fonds publics, elle justifie toute privatisation, toute recherche dans l’intérêt des institutions militaires (OTAN, marine, etc.), toute faveur spéciale pour le bien des entrepreneurs d’alimentation ou de logement.

De quelle utilisation parlons-nous ?

Depuis treize ans Rosa Nera est utilisé socialement, en fonctionnant horizontalement et sans intermédiaires. Dans le bâtiment de l’occupation ont lieu d’innombrables événements politiques, sont accueilli·e·s des réfugié·e·s, des collectifs politiques de migrant·e·s, des collectifs féministes et LGBT, des initiatives ouvrières, des groupes culturels, des ateliers et des productions artistiques non commerciales.

Depuis treize ans Rosa Nera se bat contre toute manifestation du fascisme, du racisme et du sexisme, contre le terrorisme des patrons, la destruction de l’environnement, contre toute gestion du pouvoir, de droite ou de gauche. Y est mise en avant l’auto-organisation et proposée activement l’auto-institution sociale et l’autogestion contre les impératifs étatiques ou privés.

Treize ans d’auto-organisation et de luttes sont une longue histoire !
Politiciens, recteurs, gestionnaires, hôteliers et flics,
NE TOUCHEZ PAS À ROSA NERA !

Rosa Nera,
La Canée, avril 2017.

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