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Création de la Chaire « Tata Juan Chávez Alonso » par des organisations indigènes du Mexique et l’EZLN

mardi 4 juin 2013, par CNI, EZLN

Chaire itinérante
« Tata Juan Chávez Alonso »
Juin 2013.

« Nous sommes les Indiens que nous sommes, nous sommes des peuples, nous sommes des Indiens. Nous voulons continuer à être les Indiens que nous sommes ; nous voulons continuer à être les peuples que nous sommes ; nous voulons continuer à parler la langue que nous nous parlons ; nous voulons continuer à penser la parole que nous pensons ; nous voulons continuer à rêver les rêves que nous rêvons ; nous voulons continuer à aimer les amours que nous nous donnons ; nous voulons maintenant être ce que nous sommes ; nous voulons maintenant notre place ; nous voulons maintenant notre histoire, nous voulons maintenant la vérité. »
Juan Chávez Alonso
Paroles au Congrès de l’Union,
mars 2001, Mexico.

Frères et sœurs,
Compañeras et compañeros,

Ceci est la parole d’un groupe d’organisations indigènes, de peuples originaires et de l’EZLN. Grâce à elle, nous voulons ramener à notre côté la mémoire d’un compañero.

Au bout d’un an de son absence, avec son souvenir pour compagnie, nous faisons un pas de plus dans la longue lutte pour notre place dans le monde.

Juan Chávez Alonso est son nom.

De son pas nous avons été et nous sommes chemin.

Avec lui, le Purhépecha s’est fait l’itinérant des peuples qui ont donné leur origine à ces terres et les maintiennent.

Tata a été, et il est, parmi les ponts que nous avons bâtis avec d’autres pour nous voir et nous reconnaître en ce que nous sommes et là où nous sommes.

Son cœur a été, et il est, le haut siège d’où nous, peuples originaires du Mexique, nous regardons bien que nous ne soyons pas regardés, d’où nous parlons bien que nous ne soyons pas écoutés, et d’où nous résistons, ce qui est notre façon de cheminer la vie.

Son pas et sa parole ont toujours cherché à se faire l’écho et la haute voix des douleurs et des offenses du Mexique de la cave.

Le Congrès national indigène (CNI) est une des grandes maisons que ses mains ont aidé à construire.

La lutte pour la reconnaissance des droits et de la culture indigènes a en lui, en sa mémoire, la raison et le moteur pour persévérer.

Loin des condoléances passagères et du prompt oubli face à son absence, un groupe d’organisations et de peuples indigènes a cherché la façon de prolonger son pas à nos côtés, d’élever sa voix avec la nôtre, d’agrandir le cœur que nous sommes avec lui.

Nous, le collectif couleur de la terre que nous sommes, sommes convenus dans notre cœur et dans notre pensée, de bâtir, uni avec le nom et l’histoire de ce frère et compañero, un espace dans lequel serait écoutée, sans intermédiaires, la parole des peuples originaires du Mexique et de ce continent qu’ils appellent « américain ».

Et nous avons pensé à nommer cet espace « Chaire Tata Juan Chávez Alonso », pour souligner tout ce qu’ont à enseigner nos peuples originaires dans les calendriers de douleur qui secouent toutes les géographies du monde. Là nous pourrons écouter les leçons de dignité et de résistance des peuples originaires d’Amérique.

Pensée comme un effort de continuation de la Première Rencontre des peuples indigènes d’Amérique, tenue au mois d’octobre 2007 à Vícam (Sonora), sur le territoire de la Tribu yaqui, la Chaire « Tata Juan Chávez Alonso » tiendra ses sessions en différents points de l’Amérique originaire sur tout le continent, selon la géographie et le calendrier dont conviendront ceux qui invitent et ceux qui adhèrent à l’occasion.

Son objectif n’est autre que de bâtir une tribune d’où les peuples originaires du continent soient écoutés par qui a l’oreille attentive et respectueuse de leur parole, de leur histoire et de leur lutte de résistance.

Ceux qui y prendront la parole seront les organisations indigènes, les représentants et délégués des peuples, des communautés et des quartiers originaires.

Pour inaugurer cette tribune sera réalisée la première session de la Chaire itinérante « Tata Juan Chávez Alonso » lors de laquelle différentes organisations, communautés et peuples originaires parleront de leur propre voix de leurs histoires, douleurs, espérances et surtout de leur lutte de résistance.

Cela sur les bases suivantes :

1. La première session de la Chaire « Tata Juan Chávez Alonso » se déroulera à partir des samedi 17 et dimanche 18 août 2013, dans les installations du Cideci à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique).

2. Les organisations qui appellent se constituent dès à présent en commission d’organisation pour inviter à participer davantage de peuples originaires et pour convenir de tout ce qui concerne la méthode de cette première session.

3. La commission d’organisation invitera particulièrement les organisations, groupes et personnes qui ont accompagné la lutte des peuples originaires de façon constante.

4. À cette première session participeront par leur parole ceux qui appellent à présent et les organisations et peuples originaires du Mexique et du continent américain invités par la commission d’organisation.

5. Les sessions sont ouvertes au public en général.

6. La commission d’organisation donnera en son temps davantage d’information sur le calendrier et l’horaire des participations.

Dans le même cadre de la Chaire « Tata Juan Chávez Alonso », et avec son regard pour horizon, les organisations indigènes et peuples originaires participants se réuniront à part pour proposer, avec un appel plus large encore, de relancer le Congrès national indigène au Mexique, et de lancer un appel conjoint aux peuples originaires du continent pour reprendre nos rencontres.

Pour la reconnaissance et le respect des droits et de la culture indigènes.

Appellent :

Nation kumiai.
Autorités traditionnelles de la Tribu yaqui.
Tribu mayo de Huirachaca (Sonora).
Conseil régional wixárika pour la défense de Wirikuta.
Communauté coca de Mezcala.
Radio Ñomndaa de Xochistlahuaca (peuple amuzgo, Guerrero).
Communauté zoque de Jalisco.
Organisation des communautés indigènes et paysannes de Tuxpan (peuple nahua, Jalisco).
Communauté nahua en résistance de La Yerbabuena (Colima).
Collectif journalier de Tikul (peuple maya péninsulaire, Yucatán).
Communautés purhépechas de Nurío, Arantepacua, Comachuén, Urapicho, Paracho, Uruapan, Caltzontzin, Ocumicho.
Comuneros nahuas d’Ostula.
Communauté nahua indigène de Chimalco (San Luis Potosí).
La Otra indigène Xilitla (peuple nahua).
Communauté mazahua de San Antonio Pueblo Nuevo (État de Mexico).
Communauté ñahñu de San Pedro Atlapulco (État de Mexico).
Centre de production radiophonique et de documentation communale de San Pedro Atlapulco (peuple ñahñu, État de Mexico).
Communauté nahua de San Nicolás Coatepec (État de Mexico).
Ejido nahua de San Nicolás Totolapan (District fédéral).
Comuneros nahuas de San Pedro Atocpan (DF).
Femmes et enfants nahuas de Santa Cruz Acalpixca (DF).
Mazahuas du District fédéral.
Centre de droits humains Rafael Ayala y Ayala (peuples nahua et popoluca) de Tehuacán (Puebla).
Assemblée populaire de Juchitán (peuple zapotèque, Oaxaca).
Force indigène chinantèque « KiaNan ».
Conseil indigène populaire d’Oaxaca - Ricardo Flores Magón (peuples zapotèque, nahua, mixtèque et cuicatèque, Oaxaca).
Comité des bien communaux d’Unión Hidalgo (peuple zapotèque, Oaxaca).
Union paysanne indigène autonome de Río Grande (peuples chatino et afrométis, Oaxaca).
La Voix des Zapotèques xichés en prison (Oaxaca).
Temazcal Tlacuache Tortuga de la communauté de Zaachilá (peuple zapotèque, Oaxaca).
Lotissement écologique La Minzita (peuple purhépecha), Morelia (Michoacán).
Collectif Cortamortaja de Jalapa del Marqués (peuple zapotèque, Oaxaca).
Radio communautaire Totopo de Juchitán (peuple zapotèque, Oaxaca).
Cideci-Unitierra (Chiapas).
CCRI-CG de l’Armée zapatiste de libération nationale, EZLN (peuples tzeltal, tzotzil, chol, tojolabal, zoque, mame et métis, Chiapas).

Mexique, 2 juin 2013.

Le commandant Guillermo présente don Juan Chávez Alonso
au Festival de la digne rage au Cideci, à San Cristóbal de Las Casas
(Chiapas, Mexique).

Danse traditionnelle Los Viejitos,
interprétée par des occupants de la Maison de l’étudiant Lénine
(Michoacán, Mexique).

Traduit par El Viejo
(le traducteur, qui a brièvement fréquenté Tata Juan,
tient à se joindre personnellement à cet hommage)
.

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